Le coronavirus, prétexte pour un « Grand Reset », vert et équitable bien-sûr !

Depuis plusieurs années, on entend parler d’un Grand Reset, dont on ne connaît pas bien les contours car le concept est rendu invisible derrière un écran de fumée de bons sentiments auxquels peu d’entre nous croient encore. Le processus est toujours sur les rails et doit être lancé en janvier. Quels sont les concepts derrière toute cette propagande?

En juin dernier, alors que le monde était traumatisé par l’épidémie de coronavirus et la gestion souvent lamentable de la crise, le prince Charles et un dénommé Klaus Schwab, fondateur et leader du forum de Davos, ont annoncé officiellement le Grand Reset de l’économie mondiale. « Afin d’assurer notre avenir et de prospérer, nous devons faire évoluer notre modèle économique et placer les humains et la planète au cœur d’une création de valeur mondiale » avait dit Charles. Mais est-il question de l’avenir et de « prospérité » des 7 milliards d’humains ou du 0,01%?

Il y a quelques jours, le ministre brésilien des Affaires étrangères a déclaré à l’ONU que le Brésil ne rejoindra pas cette initiative car « un contrôle social totalitaire n’est le remède à aucune crise. Ne faisons pas de la démocratie et des libertés de nouvelles victimes du covid-19« .

Vers un Reich à la soviétique ?

Le lancement de cette « grande réinitialisation » est prévu pour janvier 2021 lors du forum organisé du 25 au 29 janvier. Ce Grand Reset est bien engagé: les Chinois se sont positionnés dans le processus de « gouvernance mondiale ». Ils ont dit qu’ils voulaient prendre le lead dans le cadre du « nouvel ordre mondial » et donc du Grand Reset. Pour mener à bien leur projet, les mondialistes et Klaus Schwab comptent beaucoup sur l’élection de Joe Biden qui ne s’opposera pas à ce plan.

Depuis juin 2020, à chaque forum du monde du business et/ou de la politique, Schwab plaide pour son programme de « réinitialisation » car il faut bien prévenir le milieu de ce qu’il va se passer. Le site du Forum Mondial est même consacré au « Grand Reset ». On en sait donc un peu plus.

En septembre, le Forum des 100, organisé par le journal Suisse Le Temps et introduit par Schwab, portait sur le thème « Post-covid: la technologie peut-elle nous sauver? ». Il y a présenté son nouveau livre -un enchaînement de poncifs et de projections hasardeuses qui dessine une tendance inquiétante- intitulé « Covid-19, The Great Reset », et annoncé que l’objectif du grand reset est modestement d’ « améliorer l’état du monde ». Selon lui, « nous avons l’occasion de réinitialiser le système actuel, qui n’est pas durable au niveau environnemental et social« .

Dans son livre, il prévoit que les gouvernements seront beaucoup plus directifs avec les entreprises, en raison de la pression sociale pour assurer la sécurité sanitaire et alimentaire. Cela ne semble pas lui poser de problème, d’ailleurs il prend très souvent la Chine comme bon exemple.

Selon Schwab, les Etats devront soutenir financièrement les entreprises petites et grandes, et interviendront beaucoup plus dans les choix stratégiques et même la gouvernance. Ce qui n’est jamais bon quand l’Etat est aux mains d’une kakistocratie délirante, d’une part. Et d’autre part, du point de vue des contribuables, on se doute bien qu’au final l’argent finira par ruisseler vers les actionnaires.

Prolonger au maximum la « mondialisation »

Or celui qui dit cela, qualifié en janvier 2017 par Le Figaro de « maître des maîtres du monde », est bien l’organisateur du principal forum mondial du business et de la politique, responsable de la disparition des services publics, de l’endettement des Etats, d’un régime ultra favorable aux multinationales, d’une dérégulation bancaire etc.

Comment une solution pourrait-elle émerger de ceux qui ont créé le chaos?

L’environnement et le social reviennent en permanence dans les prises de positions du fan-club du Grand Reset. C’est l’enrobage. Car en réalité, la crainte est un basculement trop rapide entre la mondialisation débridée et un nouveau modèle économique plus cohérent. Schwab le dit clairement dans son livre : « Un retrait précipité de la mondialisation entraînerait des guerres monétaires et commerciales, endommageant l’économie de chaque pays, provoquant des ravages sociaux et déclenchant du communautarisme ou des clans nationalisme. La mise en place d’une forme de mondialisation beaucoup plus inclusive et équitable qui la rend durable, à la fois socialement et écologiquement, est le seul moyen viable« .

C’est donc bien pour préserver la mondialisation que ce concept de « Grand Reset » (qui n’en est donc pas un) a émergé. Mais bien-sûr, tout cela « ne se fera que grâce à une gouvernance mondiale améliorée – le facteur atténuant contre les tendances protectionnistes le plus « naturel » et le plus efficace« .

Pour le social, ce sera vite réglé: il est question d’un « revenu universel », qui ne permettra pas de vivre décemment mais il n’y aura pas d’alternative pour beaucoup de gens.

La technologie, ou la « transformation numérique », sera en effet un des éléments-clés de ce grand reset, cette remise à zéro que d’aucun appellent déjà « la grande spoliation », celle des classes moyennes et des Etats. La présidente de la commission européenne Ursula von der Leyen a bien insisté là-dessus le 18 novembre lors d’une conférence du Forum de Davos durant le sommet des « Pionniers du changement », au cours de laquelle elle a lancé l’Europe dans le processus : selon elle, « l’humanité a un challenge collectif » afin de « surmonter cette pandémie » et « créer des opportunités pour les peuples » et « de l’espoir« , et même du « réespoir » (« respair »).

Les gouvernements et les entreprises sont en train d’encourager l’accès de tous les ménages aux objets connectés et aux domiciles connectés, et c’est même une des principales priorités cela au nom de la justice sociale. En réalité, chacun se retrouvera avec des mouchards connectés partout autour de lui, 24 h sur 24 et 7 jours sur 7, sans savoir où vont passer ses données personnelles ni à quoi elles vont servir. Avec une grande dépendance à la 5G, indispensable au développement des objets connectés.

Pour la présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde, qui intervenait le 19 novembre au même « sommet des pionniers du changement », « Grâce au travail acharné fantastique de certaines entreprises en Allemagne, aux États-Unis et dans divers coins du monde, nous voyons maintenant l’autre côté du fleuve parce que nous savons que les vaccins sont à l’horizon« . Nous pourrons donc nous « digitaliser » encore plus. Elle explique que la digitalisation permettra de fournir des « services » de n’importe où dans le monde à n’importe qui, donc un monde globalisé, et que le business sera plus productif grâce à l’aide des « gouvernements ».

Utiliser les « jeunes générations »

On sent bien que les gourous du Grand Reset misent beaucoup sur les « jeunes générations », qu’ils considèrent comme très engagées et porteuses de changements. Dans son bouquin, Schwab écrit que « La jeune génération est fermement à l’avant-garde du changement social. Il ne fait aucun doute qu’il sera le catalyseur du changement et un source d’élan critique pour la grande réinitialisation« .

En France et ailleurs, les observateurs sont beaucoup plus circonspects, sauf à considérer que des mouvements tels que « Black lives matter » ou « Extinction Rebellion » ont une quelconque autonomie. On comprend en tout cas qu’une propagande massive à destination des jeunes va se mettre en place.

Le forum de Davos a lancé une initiative mondiale appelée « Global Shapers » (qu’on pourrait traduire par « les constructeurs de la globalisation ») qui vise à mettre en mouvement des antennes locales de jeunes partout dans le monde (et surtout dans les pays moyennement riches ou en développement), pour échanger entre eux et faire de la propagande en faveur du Grand Reset, de la théorie du genre, de leur vision de l’écologie…

Il serait présent dans 151 pays, avec près de 10.000 membres dans 443 antennes.

Ce machin est dirigé par une fondation dans laquelle on retrouve Schab comme président exécutif, David Rubenstein de Carlyle comme co-fondateur et co-président exécutif, une représentante d’Accenture, un autre de la Riyad Bank.

Et maintenant, quelques citations de son livre:

Pandémie

  • « Le confinement lié à la pandémie de coronavirus nécessitera un réseau mondial de surveillance capable d’identifier les nouvelles flambées dès qu’elles surgissent, des laboratoires situés à plusieurs endroits dans le monde qui peuvent analyser rapidement de nouvelles souches virales et développer des traitements efficaces, de grandes infrastructures informatiques pour que les communautés puissent se préparer et réagir, des mécanismes politiques efficaces, appropriés et coordonnés pour mettre en œuvre efficacement les décisions une fois, ils sont faits, et ainsi de suite ».
  • « Il se pourrait donc que la complexité croissante d’aujourd’hui dépasse littéralement les capacités des politiciens en particulier – et des décideurs en général – à prendre des décisions éclairées ».
  • « Dans l’ère post-pandémique, le nombre de chômeurs, inquiets, misérables, irrités, malades et affamés aura gonflé dramatiquement. Des tragédies personnelles vont s’accumuler, fomentant la colère, le ressentiment et l’exaspération dans différentes groupes sociaux, y compris les chômeurs, les pauvres, les migrants, les prisonniers, les sans-abri, tous ceux qui restent sur la touche ».

Crise économique:

  • « La situation des salariés du secteur des services sera particulièrement grave. Celle des travailleurs non officiellement employés sera encore pire ».
  • « Une reprise mondiale du marché du travail pourrait prendre des décennies et, en Europe comme ailleurs, la peur des faillites de masse suivies de le chômage est très importante. Dans les mois à venir, la situation du chômage est appelée à se détériorer davantage pour la simple raison qu’elle ne peut s’améliorer significativement tant qu’une reprise économique durable n’est pas entamée. Cela n’arrivera pas avant qu’un vaccin ou un traitement soit trouvé« .
  • « Dans l’ère post-pandémique, selon les projections actuelles, la nouvelle « norme » économique pourrait être caractérisée par une croissance beaucoup plus faible que dans les décennies passées ».
  • « De plus en plus, on demandera au gouvernement d’agir comme « payeur en dernier recours » ​​pour prévenir ou endiguer la vague de licenciements massifs et de destructions d’entreprises ».
  • « Le défi sera de déterminer à quel niveau l’inflation devient corrosive et source de préoccupation des consommateurs« .
  • « Cette fois, comme par le passé, la fiscalité augmentera. Comme par le passé, la justification sociale et politique sous-tendant les augmentations sera basée sur le narratif des « pays en guerre ». »
  • « L’un des effets en chaîne les plus évidents pour les parties les plus riches du monde, lié à la misère économique, au mécontentement et à la faim dans les Etats les plus fragiles et les plus pauvres consistera en une nouvelle vague d’immigration massive dans leur direction, comme celle qui est survenue en Europe en 2016″.
  • « En particulier dans l’hôtellerie et la vente au détail, les petites entreprises souffriront de manière disproportionnée, confrontés à une ligne très fine entre survivre aux fermetures imposées par le confinement (ou aux affaires fortement réduites) et la faillite ».
  • « Prenez les restaurants. Ce secteur a été touché par la pandémie à un point tel qu’on ne sait même pas comment le secteur de la restauration pourrait en revenir un jour (…) En France et au Royaume-Uni, plusieurs voix de l’industrie estiment que jusqu’à 75% des restaurants indépendants pourraient ne pas survivre aux confinements et aux mesures de distanciation sociale qui en découlent. Les grandes chaînes et les géants de la restauration rapide le pourront. Ce qui suggère que les grandes entreprises vont grossir tandis que les plus petites rétrécissent ou disparaissent ».

Réinitialisation technologique

  • « Les plus récentes techniques biotechnologiques utilisant des plateformes ARN et ADN permettent de développer des vaccins plus rapidement qu’avant. Ils pourraient également contribuer au développement de nouveaux traitements issus de la bio-ingénierie« .
  • « Le traçage des contacts a une capacité inégalée et une place quasi-essentielle dans l’arsenal nécessaire pour combattre le COVID-19, tout en étant positionné pour devenir un facilitateur de la surveillance de masse ».
  • « Pendant les confinements, un assouplissement quasi mondial des régulations qui entravaient le progrès dans des domaines où la technologie était disponible depuis des années s’est soudainement produit parce qu’il n’y avait pas d’autre choix disponible ».
  • « La pandémie peut s’avérer une aubaine pour l’éducation en ligne. En Asie, le passage à l’éducation en ligne a été particulièrement notable, avec une forte augmentation des inscriptions numériques des étudiants, une valorisation beaucoup plus élevée de l’enseignement en ligne entreprises et plus de capital disponible pour les start-ups « ed-tech ». »

Automatisation :

  • « Les technologies d’automatisation sont particulièrement bien adaptées à un monde dans lequel les êtres humains ne peuvent être trop proches les uns des autres »
  • « Après un certain temps, les préoccupations persistantes concernant le chômage technologique s’atténueront à mesure que les sociétés insisteront sur la nécessité de restructurer le lieu de travail de manière à minimiser les contacts humains rapprochés ».
  • « En 2016, deux universitaires de l’Université d’Oxford est arrivé à la conclusion que jusqu’à 86% des emplois dans la restauration, 75% des emplois dans le commerce de détail et 59% des emplois dans le divertissement pourrait être automatisé d’ici 2035. Ces trois industries sont parmi celles les plus durement touchées par la pandémie et dans lesquelles l’automatisation pour des raisons d’hygiène et de propreté sera une nécessité« 
  • « L’automatisation est perturbatrice, mais elle améliore la productivité et augmente la richesse, ce qui à son tour conduit à une demande accrue de biens et de services et donc à de nouveaux types d’emplois pour satisfaire ces demandes ».

Changement des comportements :

  • « Au cours des mois et des années à venir, le compromis entre les avantages pour la santé publique et la perte de la vie privée sera soigneusement pesé, devenant le sujet de nombreuses conversations et débats animés. La plupart des gens, effrayés par les dangers du Covid (…) seront alors prêts à renoncer à beaucoup de confidentialité et conviendront que dans de telles circonstances la puissance publique peut à juste titre l’emporter sur les droits individuels« .
Conséquences potentielles de l’augmentation du temps passé à la maison (extrait du livre de Schwab)
  • « La combinaison de l’IA (intelligence artificielle), de l’IoT (objets connectés), des capteurs et de la technologie portable produira de nouvelles informations sur le bien-être personnel. Ils surveilleront comment nous allons et ce que nous ressentons, ce qui brouillera progressivement les frontières entre systèmes de santé publique et systèmes de création de santé personnalisés – une distinction qui sera obsolète. Les flux de données dans de nombreux domaines différents allant de nos environnements à nos situations personnelles nous donneront un contrôle beaucoup plus grand sur notre propre santé et notre bien-être ».
  • « Psychologiquement, la plus grande conséquence des pandémies est de générer une quantité phénoménale d’incertitude qui devient souvent source d’angoisse. Nous ne savons pas ce que demain apportera ».
  • « Les psychologues nous disent que la fermeture cognitive entraînée par cette incertitude appelle souvent une réfléchir en noir et blanc et à envisager des solutions simplistes – un terrain propice aux théories du complot et à la propagation de rumeurs, de fausses nouvelles, fausses vérités et autres idées pernicieuses. Dans un tel contexte nous recherchons le leadership, l’autorité et la clarté, ce qui signifie que la question de savoir à qui nous faisons confiance (au sein de notre communauté immédiate et parmi nos dirigeants) devient critique ».

Prémonitions :

  • « Le bouleversement sociétal déclenché par le COVID-19 durera des années, voire des générations« .
  • « L’ère post-pandémique marquera le début d’une période de redistribution massive des richesses, des riches aux les pauvres et du capital au travail ».
  • « Les politiques monétaires ultra-accommodantes menées dans le monde augmenteront les inégalités de richesse en faisant monter le prix des actifs, notamment sur les marchés financiers et immobiliers ».
  • « Il se pourrait que suffisamment de personnes soient assez indignées par l’injustice flagrante du traitement préférentiel dont bénéficient exclusivement les riches pour provoquer un large contrecoup sociétal ».
  • « Les troubles sociaux sont l’un des dangers les plus graves auxquels est confrontée l’ère post-pandémique. Dans certains cas extrêmes, cela pourrait conduire à une désintégration sociale et à un effondrement politique ».

Le coronavirus, prétexte pour un #GrandReset, vert et équitable bien-sûr ! Mais de quoi parle Klaus Schwab ?

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