Economie et coronavirus

Un suivi des mesures en matière économique dans le contexte de la crise du coronavirus, et de leurs conséquences.

Mars 2015-décembre 2018 : De mars 2015 à décembre 2018, face aux risques de déflation, la BCE avait acheté des titres tous les mois sur les marchés financiers pour un total au final de 2.600 milliards d’euros pour soutenir la zone euro, son « QE » (assouplissement quantitatif) naviguant à un rythme porté jusqu’à 80 milliards d’euros par mois.

Juillet 2017: La Banque Mondiale créé des Pandemic Bonds, des obligations créées suite à une épidémie d’ébola, officiellement aider les pays pauvres quand ils connaissent une épidémie très grave (critères stricts[1]). En réalité ils apportent des taux d’intérêt élevés[2] (sauf s’il y a vraiment une épidémie rapide avec plein e morts) mais sont payés par les contribuables. En cas d’épidémie les fonds sont versés aux pays pauvres touchés : « La tranche de 225 millions de dollars, la moins risquée, pourrait perdre 17% de sa valeur. En revanche, les détenteurs de la tranche de 95 millions de dollars, qui est la plus risquée, pourraient perdre la totalité de leur mise ». 320 millions de dollars ont été levés. Echéance en juillet 2020. Pour les pays touchés par le covid-19, l’argent n’arriverait qu’à la mi mai.

7 novembre 2019 : Selon Boursorama, « Le CAC 40 au plus haut, une semaine record à la bourse de Paris ». « Porté par les espoirs d’accord commercial entre la Chine et les Etats-Unis, ainsi que des bons résultats d’entreprises, l’indice CAC 40 se rapproche du seuil des 5900 points, un pic vieux de douze ans qui n’avait pas été testé le 31 octobre 2007 par l’indice phare de la Bourse de Paris. Malgré un repli de 0,02% sur la dernière séance de la semaine, le CAC 40 n’évolue qu’à une encablure des 5900 points. Et il y a encore mieux : alors que les entreprises françaises sont réputées pour leur générosité vis-à-vis de leurs actionnaires, le CAC40 ‘GR’ (pour Gross Return), qui comptabilise les dividendes réinvestis, pulvérise un record absolu à plus de 15.978 points. L’indice affiche désormais un gain de 28% depuis le début de l’année.« . Le CAC 40 GR est à 11.500 le 2 avril 2020.

+ Mario Draghi reprend le quantitative easing (rachat de dette des Etats jusqu’à 33%) par la BCE. Dispositif commencé en janvier 2015. Objectif : faire remonter l’inflation à 2%.

Fin 2019 : La BCE injecte 20 milliards € par mois dans les marchés pour racheter de la dette.

4 mars 2020 : La BPI va éponger les pertes du CAC 40 : création d’un fonds qui devait être actif fin avril avec 4 puis 10 milliards pour soutenir le cours des actions du CAC 40, qui étaient en chute libre depuis décembre. Fonds alimenté par les contribuables et par des fonds étrangers privés. La Banque Publique d’Investissement avait été créée par Hollande pour soutenir de grands projets structurants.

10 mars 2020 : L’Europe prévoit « de débloquer 25 milliards d’euros pour soutenir l’économie et les différents systèmes de santé. Dans le même temps, un fonds d’investissement est créé pour la recherche d’un vaccin et la mobilisation des médicaments et matériels de protection des personnels de santé. Au niveau des Etats, la Commission européenne annonce que les contraintes budgétaires définies dans le pacte de stabilité et de croissance sont assouplies pour permettre aux différents gouvernements de financer des mesures exceptionnelles de soutien à leur économie. Une décision précisée le 20 mars« .

12 mars 2020 : La BCE injecte 120 milliards. « Le 12 mars, la Banque centrale européenne était quant à elle revenue sur l’application d’un certain nombre de règles financières afin de calmer la panique qui s’empare des marchés financiers. Parmi les mesures annoncées, le rallongement de programmes massifs de rachat de titres de dettes, qui permet de soulager la trésorerie des plus petites entreprises, mais aussi l’allègement de la règle qui oblige les banques à conserver un montant minimum de liquidités dans leurs trésoreries ». Le lendemain macron dit ça ne va pas assez loin.

+ Macron annonce ses mesures pour les entreprises

13 mars : Annonce des fermetures des crèches et écoles, lancement du Plan Blanc maximal dans les hôpitaux. Selon Le Maire, « Les mesures économiques « coûteront des dizaines de milliards d’euros », a prévenu pour sa part le ministre des Finances, Bruno Le Maire. La Bourse de Paris a fini vendredi sur un maigre rebond (+1,83%) au lendemain d’une débâcle historique (chute de 12%)« .

16 mars : La FED annonce « l’achat de 500 milliards de dollars de bons du Trésor et de 200 milliards de dollars de titres hypothécaires« , pour « soutenir le bon fonctionnement » de ces marchés « qui sont au coeur des flux de crédit aux ménages et aux entreprises » » Discours de macron sur l’Etat d’urgence, il parle d’ « Etat providence », de « décisions de rupture » pour sauver le capitalisme.

17 mars : Le Maire qui a toujours critiqué la « démondialisation ou la nationalisation« [3], annonce que des entreprises pourraient être nationalisées, pour les « défendre » quand elles sont « attaquées sur les marchés« . Objectif : protéger les actionnaires privés. Ensuite on reprivatisera quand il y aura de nouveau des bénéfices. Selon Le Maire, « Nous sommes dans une guerre économique et financière. Elle sera longue et violente« .

+ L’Etat lâche 45 milliards en urgence pour des reports ou annulation de charges, et du chômage partiel. Le Maire a « annoncé un recul du produit intérieur brut (PIB) de 1%. « Ce chiffre sera amené à évoluer en fonction de la progression de la situation en Europe et aux Etats-Unis », a précisé Bruno Le Maire. « Nous serons au-delà du 100% de dette publique », a reconnu le ministre sans donner de précision sur le déficit budgétaire attendu pour cette année« .

19 mars : La BCE sort 750 milliards pour « soutenir l’économie » avec un plan d’urgence de rachats de titres de dettes des Etats et d’entreprises. « Lagarde promet qu’il « n’y a pas de limites à notre engagement envers l’euro », suggérant que d’autres mesures sont encore susceptibles de suivre, et ce quitte à utiliser « le plein potentiel de nos outils »« . Programme prévu jusque fin 2020 au moins, soit environ 117 milliards par mois. D’après France Info, « En rachetant ainsi massivement de la dette des Etats et d’entreprises de la zone euro sur les marchés, la BCE espère soulager les banques et les inciter à maintenir voire relancer leurs prêts aux ménages et aux entreprises, et ainsi à soutenir la production et l’emploi« .

20 mars : L’Europe annonce la clause dérogatoire générale aux règles budgétaires définies dans le Pacte de stabilité et de croissance. Décision validée le 23 mars par les ministres des Finances.

+ L’OMS annonce que la monnaie papier et les pièces peuvent véhiculer le virus.

23 mars : Loi du 23 mars : volet économique. Pendant 3 mois le gouvernement prend les ordonnances qu’ils veut pour aider financièrement les entreprises, et peut agir sur le droit du travail, de la sécurité sociale et de la fonction publique, afin de :

  • Limiter les ruptures des contrats de travail et d’atténuer les effets de la baisse d’activité, en facilitant et en renforçant le recours à l’activité partielle, notamment en adaptant de manière temporaire le régime social applicable aux indemnités,
  • Adapter les conditions et modalités d’attribution de l’indemnité complémentaire prévue à l’article L. 1226-1 du code du travail ;
  • Permettre à un accord d’entreprise ou de branche d’autoriser l’employeur à imposer ou à modifier les dates de prise d’une partie des congés payés dans la limite de six jours ouvrables, en dérogeant aux délais de prévenance et aux modalités de prise de ces congés,
  • Permettre à tout employeur d’imposer ou de modifier unilatéralement les dates des jours de réduction du temps de travail, des jours de repos prévus par les conventions de forfait et des jours de repos affectés sur le compte épargne temps du salarié, en dérogeant aux délais de prévenance et aux modalités d’utilisation,
  • De permettre aux entreprises de secteurs particulièrement nécessaires à la sécurité de la Nation ou à la continuité de la vie économique et sociale de déroger aux règles d’ordre public et aux stipulations conventionnelles relatives à la durée du travail, au repos hebdomadaire et au repos dominical ;
  • Modifier, à titre exceptionnel, les dates limites et les modalités de versement des sommes versées au titre de l’intéressement
  • Modification de des règles de la BPI.

+ Amendes majorées : à 375 euros, et 1500 euros en cas de récidive, et « il faudra dater et donner l’horaire du papier qu’on doit porter avec soi lorsqu’on sort ». 20 personnes maximum aux enterrements. 

24 mars : La BCE publie ses mesures monétaires : « Pandemic Emergency Purchase Program » PEPP : rachat d’actifs pour 1000 milliards d’euros pour soutenir les entreprises.

+ la BCE a fait sauter la limite de 33% pour les rachats de dettes des pays.

+ fin de la limite de 3% de déficit.

+ Le Maire annonce de nouvelles mesures de soutien aux entreprises, et la « prime macron » pour les salariés qui se déplacent pour travailler. Il demande « la plus grande modération » pour les dividendes aux entreprises aidées.

+ Financement du chômage partiel : « Pour ceux qui ne peuvent pas aller travailler, l’activité partielle bondit chaque jour : 730.000 salariés sont déjà concernés. Le coût de la mesure s’élève déjà à 2,2 milliards d’euros, a indiqué le ministre en ajoutant : « On a provisionné 8,5 milliards d’euros, ça sera davantage. » »

+ Prêts pour les entreprises garantis par l’Etat: « C’est un dispositif simple, massif et inédit, monté en quelques jours par l’Etat, les banques et avec le support de la BPI. L’idée c’est d’offrir à toutes les entreprises trois mois de chiffre d’affaires sans remboursement pendant un an, et avec la possibilité d’étaler le remboursement ensuite jusqu’à cinq ans », explique Thierry Laborde, directeur général adjoint de BNP Paribas, au micro d’Europe 1. Qui précise : « En ce qui concerne la BNP, ce sera à un taux de 0,25% pour les entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur à 50 millions d’euros, et 0,50% au-delà. » » 

25 mars : Publication d’une liste confidentielle d’entreprises à protéger.

26 mars : Le Parlement européen a adopté les mesures d’urgence proposées par la Commission européenne pour répondre à la crise. Le Conseil doit ensuite les approuver avant leur entrée en vigueur. Les eurodéputés ont ainsi voté en faveur de l’initiative d’investissement pour la réponse au coronavirus, un fonds de 37 milliards d’euros pour soutenir l’économie des pays touchés par la crise. Ils ont également approuvé l’extension du champ d’application du Fonds de solidarité de l’UE pour y intégrer les urgences de santé publique et ainsi débloquer 800 millions d’euros pour faire face à la crise.

+ Merkel refuse les « corona bonds » que macron veut mettre en place avec 8 pays: création d’obligations pour « mutualiser la dette publique au niveau de la zone euro« .

27 mars : La BCE demande aux banques de ne pas verser de dividendes « au moins » jusqu’au 1er octobre 2020. Le même jour on apprend que les dividendes du CAC 40 prévus pour 2019 étaient de 55 milliards d’euros.

+ Le même jour la macronie demande aux entreprises dont l’Etat est actionnaire de ne pas verser de dividendes. « Pénicaud, annonçait sur CNews, que « les entreprises où l’Etat est actionnaire, même minoritaire », seraient invitées à « ne pas verser de dividendes en tout cas à des particuliers ».

+ L’Etat a provisionné 45 milliards d’euros d’aides directes et de remises de taxes et 300 milliards de prêts garantis par l’Etat. « BNP Paribas n’entend rien changer pour sa part à ce qui avait été prévu. Son dividende sera versé conformément aux résolutions déjà votées et son assemblée générale maintenue à la date prévue. »

+ Le Maire a dit que les entreprises aidées ne pourront pas verser de dividendes. Il parle de « nationalisations partielles » de certaines entreprises, « en dernier recours ». Pénicaud a dit qu’elle appelait les entreprises à ne pas verser de dividendes, « en tout cas à des particuliers« .

+ Le Congrès vote une aide de 2.000 milliards de dollars. Le média Siusse All News explique : « Le plan prévoit notamment l’envoi d’un chèque de 1’200 dollars à de nombreux Américains, près de 400 milliards de dollars d’assistance aux petites entreprises, et 500 milliards d’aide aux grandes sociétés, qui seront soumises à la surveillance d’un contrôleur général, ainsi que 100 milliards de dollars destinés aux hôpitaux, et 30 milliards pour financer la recherche sur les vaccins et traitements du Covid-19. Il alloue également 25 milliards de dollars aux compagnies aériennes, 4 milliards de dollars aux compagnies de fret aérien et 3 milliards de dollars aux entrepreneurs pour payer les salaires, en plus de 25 milliards de dollars de prêts et de garanties de prêts aux compagnies aériennes et de 4 milliards de dollars au fret aérien« .

28 mars : Il n’est plus question que d’un « blocage partiel des dividendes pour les entreprises qui auront bénéficié d’aides publiques pendant l’épidémie« . A priori elles pourront en verser quand-même, mais moins.

+ Envolée lyrique de Le Maire : « Il faut un nouveau capitalisme, plus respectueux des personnes (…) Il faut bâtir la souveraineté industrielle de la France et de l’Europe« ;

+ Trump a fusionné de fait la Réserve Fédérale, la FED qui est un conglomérat de banques privées, avec le Trésor US, en lui faisant racheter différents types d’actions pour le compte du Trésor. « Au cours des dernières semaines, la Fed a réduit ses taux de 150 points de base pour les ramener à un niveau proche de zéro, et a passé en revue l’ensemble de son manuel sur la crise de 2008. Mais cela n’a pas suffit à calmer les marchés. La banque centrale a donc également annoncé 1 000 milliards de dollars par jour en accords de rachat et en assouplissement quantitatif illimité, dont 625 milliards de dollars d’achat d’obligations par semaine, ce qui est difficile à comprendre. À ce rythme, la Fed détiendra les deux tiers du marché du Trésor dans un an« , explique Bloomberg. Ce qui revient à nationaliser les deux tiers du marché financier.

30 mars : Selon la Tribune, « L’ampleur des effets du coronavirus sur l’économie française ne cesse de s’accroître. Selon une note de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) publiée ce lundi 30 mars, l’impact d’un mois de confinement est estimé à environ 60 milliards d’euros, soit une perte de 2,6 points de produit intérieur brut (PIB) annuel (…) D’après les projections des économistes du laboratoire de recherches rattaché à Sciences-Po Paris, plus de 5,7 millions de salariés, soit 21% de l’emploi salarié, pourraient se retrouver au chômage partiel« .

31 mars : Darmanin lance un « grand appel à la solidarité nationale » auprès des citoyens pour financer les TPE et indépendants. « Ces derniers jours, plusieurs Français et entreprises ont fait part à Gérald Darmanin de leur souhait de contribuer à l’effort national. Il a donc voulu mettre en place un dispositif leur permettant de le faire, la solidarité peut aussi passer par des contributions volontaires et pas toujours par l’impôt, surtout dans des périodes exceptionnelles”, souligne un conseiller.« 

+ « 507.000 entreprises de moins de 50 salariés ont demandé à ce que leur échéance de paiement des cotisations sociales qui tombait le 15 mars soit reportée, ce qui est équivalent à 3,8 milliards d’euros de cotisations qui n’ont pas été prélevées sur les 9 milliards d’euros alors appelées ».

+ TOTAL va verser 1,8 milliard de dividendes à ses actionnaires (Les Jours) [4].

1er avril : macron précise les mesures pour les entreprises. 1500 euros de l’état pour indépendants, PME et TPE, et peut-être 2000 par les régions. 5 nouvelles ordonnances ont été déposées.

+ Mediapart parle du plan pour l’hôpital, élaboré par la Caisse des Dépôts et Consignations, dont la 1ère ébauche est prête. « Ce document expose une série de propositions qui s’inscrivent toutes dans la philosophie néolibérale qu’Emmanuel Macron a toujours défendue par le passé. Privatisation rampante au travers de sulfureux partenariats public-privé (PPP), marchandisation accélérée de la santé : voilà un plan qui tourne le dos aux valeurs de l’État-providence ».

+ les banques anglaises renoncent aux dividendes.

+ Les bourses dévissent. Article des Echos : « Jamais les Bourses mondiales n’avaient aussi mal commencé l’année. Le premier trimestre s’achève sur une baisse de 26,5 % à Paris. Les géants du CAC 40 ont effacé plus de 450 milliards d’euros de capitalisation. Du jamais-vu. C’est quasiment comme si LVMH, L’Oréal et Sanofi, les trois plus grosses sociétés du CAC 40, étaient parties en fumée »[5].

+ La Belgique émet des obligations en masse sur le marché pour financer les mesures coronavirus.

2 avril : Philippe annonce que « La crise sanitaire va devenir une crise économique» et que « Nous devons nous organiser pour que le pays tienne, pour que les entreprises subsistent et pour qu’un plan de relance national, européen mondial je l’espère, puisse permettre à l’ensemble de l’économie de repartir. Mais cela ne passera pas, je pense, par une augmentation des impôts» parce qu’il faut redémarrer le pays d’abord.

+ Interview de Martin Schirdewan, député de la Gauche unitaire au Parlement européen, dans L’Humanité: « À 63 reprises entre 2011 et 2018, la Commission européenne a recommandé aux États membres de l’UE de privatiser certains pans du secteur de la santé ou de réduire les dépenses publiques en matière de santé. Ces recommandations ont visé quasiment tous les États, qui ont en général obtempéré« .

3 avril : Le Maire déclare qu’en fait, les « nationalisations » potentielles ne seront que « temporaires«  : « Il s’agit simplement d’avoir l’Etat qui protège, pour une durée limitée, des entreprises en prenant une participation ou éventuellement en faisant une nationalisation temporaire ».

+ les mesures du soutien mises en place par le gouvernement, notamment les reports de charges fiscales et sociales, seraient maintenues tant que durerait la crise sanitaire et économique.

4 avril : Selon Reporterre, comme les PME sont autorisées à verser des dividendes, certaines grandes entreprises font pareil. « Total a maintenu le paiement de ses « coupons » le 1e avril, soit 1,8 milliard d’euros versés aux actionnaires. L’Oréal et Hermès devraient aussi maintenir leurs dividendes, ainsi que Publicis, Dassault, Altice (la société qui coiffe l’opérateur télécom SFR) Bouygues, et Illiad (société appartenant à Xavier Niel et coiffant l’opérateur télécom Free). Bernard Arnault, dont la holding familiale devrait recevoir 1,6 milliard d’euros a reporté sa décision… au mois de juin« .

5 avril : La réorganisation de l’hôpital, avec réduction de moyens et de personnel, suit son cours. A Nancy par exemple, l’Agence Régionale de Santé refuse de remettre en cause les orientations du comité interministériel de performance et de modernisation de l’offre de soins (Copermo) qui vise à supprimer 598 postes et 174 lits dans la région. Interpellé par le CHU de Nancy et des élus, Véran affirme que « tous les plans de réorganisation sont évidemment suspendus à la grande consultation qui suivre ».

6 avril : le baromètre de l’assureur-crédit Coface sur les défaillances d’entreprises prévues en 2020 est assez optimise concernant la France évoque des chiffres pour plusieurs pays « les défaillances devraient en effet exploser aux Etats-Unis (+39%) et au Royaume-Uni (+33%) mais aussi augmenter fortement en France (+15%), en Italie (+18%), en Espagne (+22%) et, de façon un peu moins marquée, en Allemagne (+11%)« .

7 avril : Darmanin a annulé au dernier moment le lancement de la plateforme de dons pour aider à l’Etat à verser les 1500 € d’aides aux petites entreprises et indépendants via un « fonds de solidarité ». Selon Le Figaro, « En pratique, les individus et les entreprises qui souhaitent faire preuve de «solidarité nationale» doivent se manifester directement auprès du cabinet du ministre des Comptes publics et de la direction générale des finances publiques (DGFiP). Plusieurs groupes l’auraient déjà fait dans ces derniers jours. «L’objectif est de faire contribuer les grandes entreprises, dont l’activité continue, à ce fonds à destination des petits commerçants et indépendants frappés de plein fouet», insiste-t-on à Bercy« .

+ Les armateurs français demandent la mise en place d’un « Plan Marshall » pour sauver la filière (26.000 emplois directs).

+ Chute de l’activité économique : une étude de QuantCub sur l’activité économique montre qu’elle est quasiment à l’arrêt dans de nombreux secteurs. Elle donne de nombreuses informations, comme la baisse de 50% de l’activité industrielle en Ile-de-France, un trafic routier divisé par 10 autour de Paris. Le transport aérien est le plus touché, suivi par le trafic routier. Le trafic portuaire a chuté de 25% . « L’une des conséquences de cette baisse d’activité dans une grande majorité des secteurs d’activité est la chute du nombre d’offres d’emploi. Au 1er avril, il y avait 32 % d’offres en ligne de moins qu’à la même époque en 2019« , et du côté de l’inflation, elle serait passée de 1,45% début mars à 0,47% début avril.

+ Pétition d’une quinzaine de syndicats et associations, demandant la réquisition des hôpitaux privés, la suspension des dividendes, et à long terme le retour de l’ISF, un plan de développement des services publics, ainsi que : « taxe sur les transactions financières renforcée et « véritable » lutte contre l’évasion fiscale ; plan de réorientation et de relocalisation solidaire de l’agriculture, de l’industrie et des services« .

+ D’après le classement Forbes, il y a 226 milliardaires de moins cette année que l’année précédente (2 095 milliardaires en mars 2020 contre 2 321 le 6 mars dernier). « Entre 2019 et 2020, rappelle le site des Échos, plus de la moitié des milliardaires ont vu leur fortune diminuer pour une perte cumulée de 700 milliards de dollars. L’arrêt marqué de nombreuses entreprises touchées par les mesures de confinement devrait provoquer de plus nombreuses disparitions du classement« . Par ailleurs, Bernard Arnaut arrive en 3e position mondiale, derrière Bezos et Gates.

+ L’Ukraine annonce qu’elle réduit les exportations de blé, de 44.000 tonnes par jour en mars à 14.000. La Russie l’a fait dès le 30 mars, le Kazakhstan a suivi. Le 10 mars, c’est lala Roumanie qui a stoppé ses exportations de céréales (12 millions de tonnes en 2018), d’huile végétale, de sucre et de divers produits de boulangerie.

8 avril : Philippe déclare à l’Assemblée que l’impact économique de la crise sera « considérable », « massif », « très négatif » et « brutal ». Il a précisé que « les reports de charges fiscales et sociales ont permis de soulager de près de sept milliards d’euros la trésorerie des entreprises pour le seul mois de mars« .

+ Le président de l’Union des aéroports français déclare qu’il faudra réduire les taxes sur les billets d’avions dès la fin de la crise.

+ Air Liquide vend sa filiale de fabrication de gels hydroalcooliques et produits désinfectants à un fonds d’investissements suédois, EQT.

+ Aurore Bergé, députée Lrem des Yvelines, déclare à l’Assemblée que « Soutenir la publicité est une mesure d’urgence et de relance« . Rapporteuse générale du projet de loi sur la communication audiovisuelle, elle propose de mettre en place un crédit d’impôt pour soutenir la publicité et la communication dans les médias. Son argument est de soutenir la presse, en soutenant la pub dans la presse.

+ Le directeur de l’Agence Régionale de Santé du Grand Est, qui avait déclaré que la restructuration des hôpitaux continuait, a été renvoyé en conseil des ministres. Le 25 mars, Macron avait promis « un plan massif d’investissement et de revalorisation des carrières pour notre hôpital ». Selon Les Echos, « Le détail des restructurations par établissement est un secret bien gardé au ministère de la Santé. Le seul indicateur est national : c’est le différentiel entre les crédits supplémentaires accordés chaque année à l’hôpital et la croissance projetée des besoins. En 2020, ce montant d’économies en creux s’élève à 800 millions d’euros, dont 585 millions sur les achats et 215 millions sur la transformation de lits d’hospitalisation complète en places « ambulatoires » – des patients qui ne restent pas la nuit. En théorie, un lit supprimé se solde par la suppression de postes d’aides-soignants ou d’infirmiers qui s’en occupent, ce qui signifie qu’environ 4.000 postes auraient dû être supprimés en 2020, selon les calculs de la Fédération hospitalière de France« .

+ Le gouverneur de la banque de France, Villeroy de Galhau,écrit une tribune dans Le Monde pour annoncer que la rigueur et les restrictions budgétaires seront de mise pour redresser l’économie. Il déclare que « nous devrons porter plus longtemps des dettes publiques plus élevées » et qu’il faudra réduire les dépenses publiques tout en justifiant les milliards mis sur la table pour sauver l’économie européenne.

+ Selon Philippe et Darmanin, le PIB 2020 chutera de 6% (fin mars il était question de – 1%), le déficit public passera à 7,6% et la dette publique, déjà à 100% en décembre, passerait à 112%. Le plan d’urgence passe quant à lui à 100 milliards d’euros au lieu des 45 milliards annoncés en mars. L’enveloppe dédiée aux dépenses “exceptionnelles” pour la santé passe de 2 à 7 milliards d’euros, pour financer notamment les 4 milliards d’euros d’achats de matériels promis par Macron et la revalorisation des salaires des personnels soignants.

9 avril : La Banque d’Angleterre va financer l’Etat et les collectivités sans emprunter sur les marchés, pour assurer des liquidités dans le cadre de la crise du coronavirus. Ce dispositif « met en évidence les demandes extraordinaires en espèces que le gouvernement a connues ces dernières semaines, qu’il estime ne pas pouvoir financer immédiatement sur les marchés financiers « , précise le Financial Times, « dans une déclaration aux marchés financiers jeudi, le gouvernement a annoncé qu’il augmenterait le montant du compte bancaire du gouvernement auprès de la banque centrale, qui ne représente normalement que 370 millions de livres. Cela atteindra un montant effectivement illimité, permettant aux ministres de dépenser plus à court terme sans avoir à recourir aux marchés. En 2008, un mouvement similaire a vu les facilités grimper brièvement à 20 milliards de livres« . Le gouvernement a déjà augmenté, de 15 à 45 milliards d’euros, le montant des emprunts sur les marchés début avril.

+ La mairie de Paris va débloquer 3,5 millions d’euros pour aider les familles qui n’ont plus accès aux cantines scolaires pendant l’épidémie. « Cette aide « bénéficiera à 28.579 familles » représentant « 52.000 enfants » et sera « versée automatiquement » sur leur compte, « sans aucune démarche » de leur part, « grâce à un partenariat avec la Caisse d’allocation familiales (CAF) de Paris« .

+ Selon Darmanin, tout le monde devra « faire des efforts » et la reprise sera lente: « Les touristes ne reviendront pas du jour au lendemain. Dans l’industrie, les chaînes de production peuvent être très longues à rétablir. Prenez Airbus : un avion contient 500.000 pièces avec des centaines de sous-traitants.Je ne l’ai jamais caché : le redressement économique sera long, difficile et coûteux. Il demandera des efforts de la part de tous les Français« .

+ L’enseigne des magasins Etam estime que la crise va lui coûter entre 100 et 150 millions d’euros hors loyers, et demande à l’Etat des mesures pour ne pas payer les loyers: « Il faut que l’Etat participe, par un crédit d’impôt, sur la période de full fermeture. Il faut qu’en sortant de crise, il y ait une montée en régime des loyers qui aille avec la montée en régime du chiffre d’affaires« , affirme le co-gérant d’Etam.

+ Une PME française (Péters Surgical) spécialisée dans le matériel médical, notamment des sondes utilisées par les services de réanimation, a été revendue à un fonds d’investissement spéculatif: « Gorgée d’aides publiques et longtemps soutenue par la Banque publique d’investissement (BPI), cette PME a été revendue à l’un des principaux fonds d’investissement spéculatifs qui sévit en France, Eurazeo, et ne répugne pas à pratiquer des licenciements boursiers. Elle a même progressivement délocalisé une partie de sa production en Inde et en Thaïlande. De facto, l’État est donc complice de ces délocalisations et des licenciements boursiers« , explique Médiapart, « Longtemps piloté à distance par Antoine Bernheim (1924-2012), grande figure de la banque Lazard et parrain de ce capitalisme parisien, puis l’autre homme fort de la même banque Michel David-Weill, Eurazeo a longtemps fait office de discrète structure d’enrichissement pour tous les associés gérants de la célèbre banque d’affaires parisienne« . Les profits sont depuis transformés en dividendes, pendant que des économies sont imposées aux salariés.

+ Après des jours de discussions, les ministres des Finances européens ont trouvé un accord pour renflouer l’économie européenne, et 540 milliards seront « disponibles immédiatement » et « un fonds de relance » sera mis en place prochainement. Le journal belge 7 sur 7 précise: « la réponse européenne doit s’orienter sur trois axes principaux: jusqu’à 240 milliards d’euros de prêts du fonds de secours de la zone euro, un fonds de garantie de 200 milliards d’euros pour les entreprises et jusqu’à 100 milliards pour soutenir le chômage partiel. La brûlante question des “coronabonds”, destinés à soutenir l’économie à plus long terme après la crise, considérée comme moins urgente, n’a pas été tranchée jeudi. Les chefs d’État et de gouvernement, qui n’étaient eux-mêmes pas parvenus à s’entendre lors d’un sommet le 26 mars, devront encore valider ces propositions ». Les dettes des Etats ne seront pas mutualisées, et les conditions pour accéder au Mécanisme Européen de Solidarité (créé par la crise grecque), sont de mettre en place des politiques de rigueur.

+ La Réserve Fédérale Américaine, la FED, sort un plan de 2.300 milliards de dollars pour l’économie US. Une partie (600 milliards) sera injectée dans les différentes filières économiques sous formes de prêts par les banques rachetés à 95% par la FED, d’autres serviront à renflouer les collectivités (500 milliards de prêts à court terme seront rachetés par la FED), les petites entreprises (via les banques), les prêts aux étudiants (100 milliards) ou à racheter des titres de qualité B et en-deçà, via l’achat d’ETF obligataires mélangeant des titres solides et des titres qui sont douteux. 17 millions de personnes seraient officiellement au chômage. Avant et juste après ces annonces, le Dow Jones et le NASDAQ sont remontés aux niveaux d’août 2019. Un des objectifs est d’éviter les faillites en alimentant le crédit aux entreprises, quelle que soit leur solidité financière.

10 avril : Air France KLM, qui perdrait 25 millions d’euros par jour de crise malgré les mesures d’économies et le chômage partiel, demande des aides financières à la France et aux Pays-Bas, qui sont actionnaires. Selon les Echos, « A ce rythme, Air France-KLM aurait seulement de quoi tenir jusqu’à début juin, a-t-il précisé. Et à condition de ne pas avoir à rembourser tous les billets d’avion non-utilisés des milliers de vols annulés« , et les négociations sont en cours. Le Maire a dit que le gouvernement était prêt à « soutenir Air France« .

+ Bruno Le Maire prévient qu’après la crise, il faudra « faire des efforts« . De fait, l’argent destiné à renflouer l’économie et le système financier est en grande partie emprunté sur les marchés, et il faudra bien rembourser. Selon Le Maire, « Contre la crise, nous avons choisi la dette, le seul choix responsable« . Il a ajouté : « Ce que nous faisons, c’est du financement par la dette, c’est un choix responsable et nécessaire qui va éviter une catastrophe sociale et économique à la France mais ça ne peut être qu’un choix provisoire. Nous devons dès que possible et dès que l’économie va redémarrer, réduire cette dette« . Les efforts demandés à la population seront « de se remettre au travail, tous » et d’investir, pour les entrepreneurs. Enfin, il a mentionné la création d’un fonds de 20 milliards pour soutenir en capital les « fleurons » français.

+ Le patron de Renault négocie avec l’Etat pour obtenir des prêts garantis, qui seraient remboursés à terme et selon lui n’impacteront pas les finances de l’Etat. « Renault, qui était déjà en mauvaise posture avant le confinement, doit faire face à un sérieux problème financier« , comment les Echos. Il est question de « 4 à 5 milliards ».

+ Une enveloppe maximale de 1.250 € nets de tout prélèvement et cumulable avec les autres dispositifs sera octroyée aux artisans et commerçants fin avril, en fonction du niveau de leurs cotisations à la retraite des indépendants.

11 avril : Comment les banques françaises ont-elles pu s’enrichir autant en 2019, avec des taux négatifs et une stagnation économique, s’interroge La Tribune ? Leur activité de « banque d’investissement » c’est-à-dire de spéculation et de conseil, rapporte beaucoup plus que l’activité traditionnelle de prêts, d’assurances et de gestion de comptes. « Et les principales sources de progression du profit sont sur la composante gestion d’actifs et assurance, la banque d’investissement et les activités spécialisées, notamment le leasing… Bref, la banque vit de commissions, de réalisations de plus-values latentes, de remontées de dividendes de ses activités de marché… Ce constat conforte le modèle français de banque universelle en première analyse. Mais il ne faut pas se leurrer. Faire du volume, créer et susciter des besoins du côté des acteurs privés en matière de gestion d’actifs, en matière d’opérations en capital — notamment d’acquisitions, de levées de dettes, etc. — c’est aussi cela qui crée les déséquilibres et qui transforme les acteurs financiers en pousse-au-crime, au détriment de ceux qui endossent véritablement les risques, c’est-à-dire les ménages et les entreprises« .

13 avril : Pendant son 4e discours, Macron annonce le versement « sans délai » d’une « aide exceptionnelle aux familles les plus modestes avec des enfants« . Le lendemain, Les Echos précisent que près d’un milliard d’euros sera débloqué.

14 avril : La baisse du PIB serait probablement autour de 13% en tablant sur deux mois de confinement, selon une économiste dont les travaux sont rapportés dans Marianne. Selon elle, l’activité ne serait encore qu’à 90% du niveau de l’année précédente fin 2020.

+ La crise économique sera plus importante qu’annoncé, avec le rallongement d’un mois du « confinement. Les Echos résument: « Le gouvernement attend désormais une activité économique en recul de 8 % en 2020, un déficit public à 9 % et une dette à 115 % du PIB, conséquences des annonces faites par Emmanuel Macron lundi soir. Il y a seulement cinq jours, il annonçait une récession de 6 %, un déficit de 7,6 % et une dette à 112 %. Le plan d’urgence est revu de 100 à 110 milliards« .

+ Le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) demande de fixer une taxe minimale sur les bénéfices des entreprises multinationales, qui font de l’optimisation fiscale , du rachat d’action, et vont bénéficier de l’argent qui sera finalement payé par les contribuables. « Certaines multinationales qui adoptent des mesures d’évitement fiscal depuis des années vont recevoir des aides publiques, ce qui renforcera le sentiment d’injustice au sein de la population. Dans cette tribune, nous soutenons que la mise en place d’un taux de taxe effectif minimum sur les bénéfices des entreprises multinationales aiderait à régler ces deux préoccupations« .

15 avril : La Banque de France, qui note tous les ans la « solidité » des entreprises françaises en avril, a décidé de retarder son évaluation au moins jusqu’à l’automne, annoncent Les Echos. Le CAC 40 a perdu 3,76% dans la journée, après quelques jours de « rebond » (il y avait d’autres élément aujourd’hui, notamment les résultats des banques US, et au passage on note que Sanofi a pris 2,3% le même jour). Or, les prêts obtenus par les entreprises ainsi que les taux sont liés à cette notation.

+ Les banques US s’attendent à une masse d’impayés, notamment de la part des entreprises. Elles font des réserves (6,8 milliards pour JP Morgan, officiellement, 3,1 milliards pour Wells Fargo, 4,8 milliards pour Bank of America, 7 milliards pour CityGroup, près d’un milliard pour Goldman Sachs), grâce aux garanties et aux milliards injectés dans l’économie US par la Réserve Fédérale annoncés le 9 avril. Les économistes de JP Morgan estiment que le PIB se réduira de 40% d’avril à juin, et que le taux de chômage augmentera de 20% au seconde trimestre. Le prix du baril d’essence est à moins de 20$.

+ Nouvelle augmentation du plan d’urgence, avec un volet de mesures à 10 milliards pour les primes de la fonction publique (dont le personnel hospitalier et la police), les aides aux plus pauvres (150 euros par ménage allocataire de l’ASS ou du RSA), et 4 milliards de plus pour le chômage partiel. Le montant global du plan passe ainsi à 110 milliards.

16 avril : On apprend que les actifs de Blackrock ont fondu de 1.000 milliards de dollars au premier trimestre (-13%). Les Echos précisent qu’en 5 ans, c’est la première fois que leurs actifs à moyen et long terme diminuent. En janvier, au moment où certains observateurs s’inquiétaient de la présence de Blackrock dans les discussions sur la réforme des retraites, le fonds gérait 6.000 milliards selon Le Monde Diplomatique. Le « supercalculateur Aladdin » censé dire le présent et l’avenir des placements financiers a donc manqué de clairvoyance. « Aladdin fonctionne si bien que, en mars 2019, M. Fink a annoncé qu’il comptait supprimer des centaines d’emplois d’analystes, préférant s’en remettre aux conseils de son bon génie« . Pourtant, plusieurs banques centrales, dont celles des Pays-Bas, de l’Espagne, d’Irlande, de la Grèce ou de Chypre, se sont appuyées sur Aladdin et Blackrock, qui désormais conseille aussi la Commission Européenne. « En France, il est propriétaire d’environ 5% de BNP Paribas, d’Axa, de Renault, de Bouygues, de Total, de Vivendi, de la Société générale« , rappelait le mensuel. Le président de la branche française, Cirelli, a été décoré de la Légion d’honneur en janvier 2020.

+ Macron en appelle dans une interview au Financial Times à une « Europe des transferts financiers et de la solidarité« . L’Allemagne, les Pays-Bas et d’autres, qui ont bien mieux géré la crise que nous et sortent de « confinement » (quand ils y sont entrés) seront certainement difficiles à convaincre. Macron évoque même les « inégalités » qui se sont « creusées » ces dernières années. « Il était clair que ce type de mondialisation atteignait la fin de son cycle et sapait la démocratie ».

17 avril : Tribune d’Alain Minc dans Les Echos. Il évoque la dette à perpétuité pour refinancer l’économie. Le discours est surprenant: « Annuler une partie de cette dette serait la meilleure solution sur le plan intellectuel. Une voie moyenne serait d’en allonger la durée à 100 ans, voire à perpétuité« . La veille, Minc s’en prenait au « confinement des vieux », qui irait à l’encontre des libertés individuelles et prévenait d’une « révolte des cheveux blancs« .

+ Toujours dans Les Echos, un chroniqueur réclame une augmentation de la fiscalité pour réparer les dégâts économiques du « confinement ».

+ Remontée des bourses mondiales suite à l’annonce US de mettre 2.200 milliards dans le système financier et l’économie. Selon les Echos, « Au sein du CAC 40, tous les composants sont dans le vert, à l’exception de Dassault Systèmes. Airbus est en tête de l’indice, à 8,72 %« . Airbus qui doit bénéficier d’une partie des 20 milliards débloqués la même semaine par l’Etat pour les « entreprises stratégiques » en difficulté. Le même jour la Chine a annoncé une baisse de 6,8% de son PIB au premier trimestre.

+ Philippe Etchebest, cuisinier et restaurateur, alerte sur la situation de la restauration (1 million d’emplois): « Aujourd’hui, 30 % des restaurateurs n’ont pas pu avancer les salaires de leurs employés en mars et ce sera sans doute 70 % en avril. Vous imaginez la catastrophe? On nous dit qu’on sera remboursés sur nos avances mais les restaurants n’ont pas ou peu de trésorerie et le remboursement ne se fera pas dans son intégralité« , dit-il au Parisien. il estime qu’environ 40% des restaurants ne pourront pas rouvrir.

18 avril: Le gouvernement a présenté le 15 avril un deuxième projet de loi de finances rectificative pour 2020 (PLFR 2020) qui prévoit de dégager 20 milliards d’euros de crédit pour renforcer les participations financières de l’État dans les « entreprises stratégiques » en difficulté et cela, sans aucune contrepartie. Ce plan a été accepté dans la nuit : « Dans la nuit du 17 au 18 avril à l’Assemblée nationale, la majorité a voté les aides en ne les assortissant que d’un engagement minimaliste en matière de responsabilité sociale et environnementale (RSE) et sans que soit connue la liste des entreprises concernées« . Ce budget porte à 24 milliards les crédits pour le chômage partiel, dont un tiers pris en charge par l’Unedic. 

+ Les commerçants demandent l’annulation des loyers pendant la période de « confinement » et une indexation sur l’activité réelle lors de la reprise de l’activité. Selon Ouest France, « Seize fédérations de commerçants ont jugé samedi insuffisant l’appel, lancé par Bruno Le Maire et relayé par les principales organisations de bailleurs, pour que les très petites entreprises obligées de fermer à cause du confinement n’aient pas à payer de loyer pendant trois mois« .

+ Malgré le lancement de la plateforme Wizifarm par le ministère de l’agriculture et la FNSEA qui compte 240.000 inscrits, les exploitants agricoles peinent à recruter. Mais seulement 840 offres d’emploi ont été rentrées sur ladite plateforme. Le secteur emploie 600.000 saisonniers à l’année, et selon Médiapart, « Les grosses exploitations françaises reposent en grande partie sur l’emploi précaire d’une main-d’œuvre étrangère, mal payée, souvent externalisée, invisibilisée dans les statistiques et parfois non déclarée. Selon les chiffres d’Actif’Agri, une étude produite l’an dernier par le ministère de l’agriculture, le secteur agricole comptait en 2017 plus de 67 000 travailleurs détachés, un nombre en augmentation constante depuis 2004« . Les offres sont souvent imprécises (horaires, rémunération durée de la mission…), et à l’origine, la FNSEA « imaginait même, dans un premier temps, faire appel au bénévolat ou à la mobilisation des élèves des lycées agricoles. Le ministère du travail a bloqué, mais rien n’empêchera les abus : en plein confinement, il est impossible pour l’inspection du travail de venir contrôler les exploitations…« . En attendant, beaucoup d’exploitants ne ramassent même plus leurs récoltes.

+ Le gouvernement refuse de nationaliser Luxfer, seule entreprise en France capable de fournir « des bouteilles d’oxygène en aluminium« , dont les derniers salariés ont été licenciés en février 2020. Quand l’usine a fermé en 2019, elle était la dernière en Europe à fabriquer ces bouteilles d’oxygène à usage médical. Des élus locaux et des chefs de partis en appellent à l’Etat pour sauver les emplois et répondre aux besoins en bouteilles d’oxygène: « Prenant le relais de ses ouvriers, qui se sont longuement battus pour sauver leur établissement, des élus réclament le secours de l’Etat. Il faut agir vite, disent-ils, non seulement pour l’emploi, mais aussi pour assurer au pays l’autonomie dont il a manqué en matière de masques et de tests« , affirme Le Monde. Un syndicaliste explique dans la Tribune: « L’usine est rentable : elle est la seule à fabriquer du très haut de gamme, des bouteilles très légères. C’est d’ailleurs pour cette raison que le groupe ferme. Ils ont le monopole de cette production. En fermant Gerzat, ils prennent le marché à la gorge et peuvent augmenter le prix des produits plus bas de gamme« .

+ A Nantes, les marchés rouvriront progressivement à partir du 20 avril. « 

+ Lors du discours de fin de semaine, Philippe est revenu sur l’intensité de la crise : « Au total, c’est près de – 36 % d’activité économique pendant la période de confinement, une diminution de l’activité dans l’industrie de l’ordre de 43 %, une diminution de l’activité dans le domaine de la construction  de l’ordre de 88 %, et une quasi cessation générales d’activité dans la restauration, dans les cafés, dans les hôtels« .

+ Parution de l' »Arrêté du 18 avril 2020 accordant la garantie de l’Etat à un prêt octroyé par les établissements Arkéa Banque Entreprises et Institutionnels, Crédit Industriel et Commercial, Crédit Agricole Corporate and Investment Bank, Crédit Lyonnais, Natixis, Bred Banque Populaire, Société Générale, BNP Paribas, La Banque Postale à la société Fnac Darty SA en application de l’article 6 de la loi n° 2020-289 du 23 mars 2020 de finances rectificative pour 2020″, afin de financer les entreprises via des prêts garantis par l’Etat.

20 avril : Le Danemark et la Pologne ont dit qu’ils n’aideront pas les entreprises qui donnent la priorité aux actionnaires et aux cours en bourse. « Les entreprises danoises qui versent des dividendes, rachètent leurs propres actions ou sont enregistrées dans des paradis fiscaux ne seront éligibles à aucun des programmes d’aide du gouvernement« , résume L’Obs. En Pologne, les entreprises ne doivent pas licencier, et payer leurs impôts dans le pays. Le 1er ministre a ajouté : « Mettons fin aux paradis fiscaux, qui sont le fléau des économies modernes« .

+ Le baril de pétrole brut Américain est passé à 1 $ sur le marché à terme. Il y a la baisse de la demande, et aussi la saturation des capacités de stockage. Il a même plongé sous les zéro dollar, à moins 9$. Les US ont 503 millions de barils en stock, et 160 millions sont stockés dans des navires pétroliers au large, en attendant la remontée des cours. La consommation de pétrole au niveau mondial serait à 30% de ce qu’elle était avant la crise, à 30 millions de barils par jour.

+ Frédéric Oudéa, n°1 de la Fédération bancaire Française et président de la Société Générale, se justifie: les banques ne traînent pas des pieds pour accorder les « prêts garantis » aux entreprises qui en ont besoin. Depuis le 25 mars, les banques doivent assurer des prêts garantis à 90% par l’Etat (donc par les contribuables), pour 300 milliards d’euros. ils peuvent atteindre 25% du chiffre d’affaires de l’année 2019. Mais ils leurs rapportent peu et entraînent des démarches administratives. Selon une enquête de France Info, « Au dernier comptage, mercredi 15 avril, les banques avaient accordé 187 000 prêts garantis par l’État (PGE) à des entreprises en difficulté, selon la Banque publique d’investissement (BPI). Cela représente 26 milliards d’euros. Le chiffre augmente de « deux à trois milliards d’euros » chaque jour« . Ce prêt pourrait aussi être une fausse bonne idée: « Malgré ces chiffres impressionnants, certaines entreprises attendent désespérément une réponse favorable à leur demande de prêt, tandis que des banquiers s’inquiètent de la facilité avec laquelle l’argent est accordé. De l’argent qu’il faudra rembourser un jour, si les entreprises ne ferment pas« . La moitié des 187.000 prêts garantis a été octroyée à de petites entreprises.

+ Dividendes: Toutes les entreprises n’ont pas la même politique. Vivendi –qui a mis 30% de ses salariés en chômage partiel– va augmenter son dividende pour 2019 de 20%,Sanofi les augmente, pour un montant total de 4 milliards [6], quand Carrefour va le diviser par deux (et réduit de 25% la rémunération fixe de son PDG, ainsi que les jetons de présence). En août 2019, la France était « championne du monde » du versement de dividendes (51 milliards au 2e trimestre).

21 avril : La Française des jeux, récemment privatisée par Bruno Le Maire, voit les mises chuter de 60% et accumule déjà 100 millions d’euros de pertes: « Sur le premier trimestre, les mises des joueurs enregistrent un repli de 5,4 % à 4,1 milliards d’euros. Son chiffre d’affaires – après gains des joueurs et prélèvements publics – fléchit de 0,9 %, à 511 millions« , expliquent Les Echos.

+ En Europe, une étude prévient que 60 millions d’emplois seront probablement détruits. Le cabinet McKinsey qui a réalisé cette étude affirme que « près des trois quarts des emplois dans le secteur de l’hébergement et de la restauration sont menacés, soit 8,4 millions d’emplois. 44% des emplois du secteur du commerce de gros et de détail en Europe le sont également, et cela représenterait 14,6 millions d’emplois. En outre la moitié des emplois dans le secteur des arts et du divertissement sont menacés, pour un total certes plus faible d’emplois (1,7 million)« .

+ Selon l’UFC Que Choisir, une association de consommateurs, le prix moyen d’un ticket de caisse pour des courses alimentaires a grimpé de 2,5%. Selon les Echos, « Si l’association constate quelques hausses de prix, c’est surtout les ruptures de stocks qui poussent les consommateurs à se tourner vers des produits de gamme supérieure, plus onéreux« .

+ Le n°1 de la CFDT a suggéré de créer un impôt « exceptionnel » sur les groupes qui n’auraient pas été impactés par le virus et la crise, ou encore de « soumettre le capital au barème de l’impôt sur le revenu ». Proposition rejetée par le gouvernement qui refuse de créer un impôt pour les entreprises.

22 avril : Bruno Retailleau, sénateur LR, estime que pendant un an, il faudra travailler sur base de 37 heures par semaine pour réparer les pertes de 2 milliards d’euros par jour actuellement. « Il faudra accepter de travailler jusqu’à 37 heures par semaine, c’est-à-dire aux alentours de 1 700 heures à l’année avec un quota d’heures supplémentaires autour de 300 heures. La croissance, il faudra aller la chercher » et cela passe par « se retrousser les manches pour pouvoir travailler plus et donc gagner plus », a-t-il déclaré sur France Inter.

+ Le plan prévu par l’Etat pour Air France KLM s’élève à 7 milliards d’euros. Quelle sera la part de l’Etat, qui veut rester actionnaire minoritaire à 14,3 % ou moins? « Selon de très bonnes sources, Bercy cherche ainsi à entraîner un pool bancaire dans cette aventure, mais plusieurs établissements ne semblent guère désireux de se laisser embarquer dans une aventure jugée périlleuse, même si l’État, comme dans le cas de la Fnac, apporte sa garantie au montage« , explique Médiapart. En termes de contreparties, les demandes devraient être minimalistes, et en tout cas pas environnementales. Médiapart note que, si l’Etat n’a cessé depuis 30 ans de se désengager dans Air France, c’est qu’il ne s’agit pas d’un « fleuron » stratégique. Pourquoi alors injecter des milliards dedans, si ce n’est pour satisfaire les actionnaires à court terme?

22 avril : Le déficit de la sécurité sociale a augmenté à une vitesse sans précédent, passant au chiffre record de 41 milliards d’euros. Le précédent record en 2010 était à 28 milliards. A quoi il faudra ajouter les « probables » suppressions de cotisations dans des secteurs comme l’hôtellerie – restauration et le tourisme, a précisé Darmanin devant la commission des affaires sociales du Sénat.

+ La porte parole du gouvernement a dit ne pas pouvoir confirmer que les cafés, bars et restaurants rouvriront à la mi juin.

+ La BCE va « va permettre aux banques de continuer à lui proposer les actifs » qualifiés de « spéculatifs », c’est-à-dire pourris, comme garantie à des prêts. Evidemment, ils ne seront pas évalués à leur prix réel mais bien au-dessus, et cela jusqu’en septembre 2021. Les Echos précisent que « Les banques pourront donc continuer à emprunter de l’argent auprès de la BCE en contrepartie de ces titres. Or, face à l’ampleur de la crise économique, leur nombre devrait croître fortement à court terme. Dans le détail, la BCE acceptera ces titres tant qu’ils maintiennent une qualité de crédit supérieure ou égale à « BB », c’est-à-dire deux crans en-dessous de la note minimale actuelle« . Le quotidien La Voix du Nord précise que c’est la dette souveraine de l’Italie qui est visée. Mais, les actions de nombreux groupes sont surévaluées par des rachats massifs de leurs propres actions. La BCE n’en est pas encore à racheter directement des obligations (titres de dettes) pourries mais elle pourrait prendre « de nouvelles mesures, si nécessaire, pour continuer à assurer la bonne transmission de sa politique monétaire« .

+ La Banque Centrale Européenne rappelle à un député italien qu’elle ne peut pas acheter de titres de dette souveraine (la dette d’un Etat) directement. Elle peut seulement le faire sur le « marché secondaire », qui est en fait le marché des actions d’occasion un peu comme Le Bon Coin.

23 avril : L’Espagne défend la création d’une « dette perpétuelle » avec un fonds de 1500 milliards qui pourrait être validé lors du Conseil européen jeudi 24. « Madrid propose en effet de financer un fonds de relance européen de 1.500 milliards d’euros par de la « dette perpétuelle » libellée au nom de l’UE et remboursée sur le budget commun. Cet instrument financier est devenu une idée qui circule beaucoup en ce moment. Il est même défendu par des partisans parmi les plus acharnés du néolibéralisme comme Alain Minc, qui, dans une tribune récente aux Échos, appelait les États à y avoir recours« , rappelle Médiapart.

+ Le Maire a dit vouloir que « tous les commerces » rouvrent le 11, mai sauf les cafés, bars et restaurants. La date pour la rouverture de ces derniers n’est pas fixée. Pour les règles sanitaires, « ce sera aux autorités sanitaires de nous dire ce qui est nécessaire pour la sécurité sanitaire des salariés et des entrepreneurs. »

+ Il a aussi annoncé qu’il n’y aurait pas d’aide de l’Etat pour les entreprises ayant leur siège ou même des filiales dans les paradis fiscaux… Le « chômage partiel » n’entre apparemment pas dans les « aides » concernées, puisqu’il a précise qu’il s’agissait des « prêts garantis et reports d’impôts ou de cotisations« . « Il va de soi que si une entreprise a son siège fiscal ou des filiales dans un paradis fiscal, je veux le dire avec beaucoup de force, elle ne pourra pas bénéficier des aides de trésorerie de l’État » a-t-il dit. Le rachat d’actions ainsi que le versement de dividendes seraient aussi proscrits. La question est aussi de savoir quels seront les « paradis fiscaux » concernés, puisque la France n’en reconnait plus que 13[7], et ne comprend pas les Pays-Bas, le Delaware, le Luxembourg, Hong Kong etc.

+ Les étudiants alertent sur la précarité encore plus grande, alors qu’ils ne trouvent plus de petits boulots (46 % des étudiants travaillent à côté de leurs études) et de stages. Bastamag explique : « Les étudiants qui travaillent normalement doivent donc se débrouiller pour payer leurs charges et s’alimenter avec des moyens réduits, voire inexistants, et sans l’aide des restaurants universitaires, fermés. Vice-président de l’Unef, Madji Chaarana désespère face au manque d’action du gouvernement : « Pour l’instant aucune réponse sociale n’a été réellement apportée. Il faut absolument que la ministre de l’Enseignement supérieur prenne position. ». Des colis alimentaires sont organisés dans certaines universités, des exceptionnelles très limitées sont mises en place par certains Crous, et « Pendant que certains décrochent de leurs études, les étudiants actuellement employés dans les supermarchés et les commerces encore ouverts, doivent jongler entre leurs engagements pédagogiques et l’augmentation de leur temps de travail« .

+ Depuis quelques jours, il était question pour le gouvernement de taxer les assureurs. Le gouvernement y a finalement renoncé le 20 avril (pas de taxe pour les banques et assurances), mais certains craignent des prélèvements sur les fonds. En effet, les assureurs ont de l’argent en caisse, notamment vie les assurances-vie. Mais ce n’est pas leur argent. Le 22 avril, au motif que les accidents étaient moins nombreux, « le Sénat a voté ce 22 avril en faveur d’une hausse de la taxe sur les excédents de provisions réalisés par les assureurs, pour 2020 et 2021« . Il est vrai que les pertes d’exploitation liées au coronavirus, « (s’élevant pour l’heure à 60 milliards d’euros) ne peuvent pas être prises en charge par les assurances, car le risque de pandémie n’est pas couvert par les contrats« . Certains s’inquiètent d’une forme d’acharnement contre les assureurs, et se demandent si l’objectif n’est pas à terme de ponctionner l’épargne. Selon Public Sénat, « Outre des mesures ponctuelles, comme des remises de cotisations pour leurs sociétaires, les assureurs se sont engagés, sous la pression de l’exécutif, à abonder le Fonds de solidarité de 200 millions d’euros. Après de nouvelles réunions, le gouvernement a obtenu une promesse relevée à 400 millions d’euros. « Nous pensons que nous pouvons obtenir plus, de la part des assurances », a indiqué Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, lors des débats au Sénat« . Il est étonnant que le gouvernement soit moins empressé de taxer d’autres grands secteurs d’activité. Ouest France rappelait le 22 avril que : « la dette de l’État est détenue pour près de la moitié par des banques ou des assurances françaises. Des placements gagés sur les dépôts ou l’assurance-vie. Cela provoquerait un cataclysme,observe François Écalle, spécialiste des finances publiques. Ça ne concernerait pas seulement les grandes fortunes. Beaucoup de Français (42 % des ménages) ont une assurance-vie« . 

24 avril : Les licenciements seront massifs dès la sortie du « confinement », selon les prévisions du gouvernement et de nombreux observateurs. Le Figaro tirait le 22 avril: « Pourquoi un tsunami de licenciements est inévitable« , et ajoutait « La purge qui se prépare va être d’une violence inédite. Les suppressions de postes se chiffreront en centaines de milliers, si ce n’est en millions« . France Info s’interroge : « Déconfinement : que peut faire l’État pour protéger l’explosion des licenciements ?« . La droite, notamment Woerth qui est président de la commission des finances, en appellent à prolonger le « chômage partiel » jusqu’à cet hiver. Le gouvernement s’apprête à faire perdurer le dispositif pendant « la reprise ». Pour beaucoup de salariés, le « déconfinement » risque d’être synonyme de licenciement.

+ A Bobigny, les loyers des HLM sont annulés par l’Office Public de l’Habitat pour le mois d’avril. C’est la première ville à le faire. La mesure concerne 4.000 personnes, pour 1,6 million d’euros. On apprend finalement le 30 avril que ce ne sera pas le cas.

+ Le Medef demande un « moratoire » sur la réglementation environnementale en préparation. Notamment les lois sur l’obligation de limiter les déchets dans BTP, d’augmenter le recyclage, de réduire les émissions carbone, et la loi sur la création en ville de zones à faibles émissions. « Pour le Medef, « la publication de la Programmation pluriannuelle de l’énergie et la Stratégie nationale bas carbone doit être reportée » en raison de son « impact très significatif sur les marchés et les acteurs de l’énergie et du climat ». L’organisation souhaite encore « un moratoire de l’ordre de six mois », pour protéger la filière automobile, concernant un projet de décret qui oblige à mettre en place des zones à faibles émissions, en cas de dépassement récurrent des normes concernant la qualité de l’air« , explique France Info. Pour le Medef, « il nous paraît opportun de se poser la question de la pertinence d’un moratoire systématique sur tous les textes actuellement en cours d’élaboration« .

+ Finalement, l’exigence que les entreprises ne rachètent pas d’actions et ne soient pas présentes dans les paradis fiscaux faite la veille par Bruno Le Maire prend l’eau. Cette promesse ne portait que sur les 110 milliards destinés à prêter ou annuler les charges des TPE, qui de toute manière ne sont pas cotées en bourse et n’ont pas de filiales ou de siège dans les paradis fiscaux. Mais finalement, le gouvernement a fait marche arrière et l’amendement a été retiré. Les multinationales, aidées également avec d’autres dispositifs, pourront donc maintenir leurs filiales dans les paradis fiscaux, et pratiquer l’évasion fiscale.

+ L’agence de notation Standard & Poors abaisse les notes de deux grandes banques française systémiques, BNP Paribas et le Crédit Agricole. Capital explique que concernant le Crédit Agricole, S&P « s’attend à ce que la banque soit probablement confrontée à des pressions sur la qualité des actifs dans ses portefeuilles de prêts aux grandes entreprises, aux petites entreprises et aux entrepreneurs. Elle prend aussi son exposition relativement importante en Italie« . Au sujet de la BNP, dont la note est passée de stable à négative, S&P observe « des poches de risque dans le portefeuille d’entreprises internationales de la banque, qui comprend des expositions à des sociétés actives dans des secteurs sous tensions (en premier lieu le tourisme, l’aviation, le transport maritime et l’automobile) et parce que la BNPP est un acteur dominant dans le financement des matières premières« . De nouvelles baisses de notation pourraient intervenir si la « reprise économique » traîne.

+ La France serait en train de vendre de grandes quantités de blé à l’étranger et surtout à la Chine, qui réalise probablement des stocks. Les exportations battent un record, « Selon le bilan mensuel établi par FranceAgriMer au 15 avril, la France devrait exporter 13,2 millions de tonnes (Mt) vers les pays tiers au cours de la campagne 2019-2020« , explique le média agricole Le Sillon, « Les exportations vers nos voisins de l’Union européenne (UE) ont été, en revanche, ajustées à la baisse à 7,74 Mt (-335.000 t en un mois)« . Le magazine Reussir Grandes Cultures précisait le 20 avril : « « Cela s’explique notamment par le flux extraordinaire de blé tendre français vers la Chine », soulignait Marion Duval, de l’Unité grains et sucre chez FranceAgriMer, le 15 avril. Les chiffres sont en effet étourdissants pour un débouché habituellement inexistant pour la France : l’Hexagone a déjà expédié 1,3 Mt pour la Chine avec 0,3 Mt en mars et autant sur les trois premières semaines d’avril. Un phénomène d’autant plus déroutant que les analystes ont bien du mal à expliquer cet engouement soudain pour le blé tricolore« . D’autres pays comme l’Egypte, le Maroc ou l’Algérie sont aussi en train de réaliser des stocks, et augmentent leurs achats de blé français.

25 avril : Le FMI annonce que la crise sera la pire depuis 1929. La France annonce une baisse de 8 points de PIB, et chaque point coûte au bas mot 200.000 emplois. Selon France Info, « Sur les quatre dernières semaines, le nombre cumulé de demandes d’inscriptions à Pôle emploi a augmenté de 12,6% par rapport aux mêmes semaines de 2019, selon le ministère du Travail. Une note de l’OFCE estime que 460 000 salariés non bénéficiaires du chômage partiel pourraient perdre leur emploi pendant les deux mois de confinement (contrats courts, intérimaires, périodes d’essai, etc.)« . Les 110 milliards mis sur la table pour compenser les pertes durant les 2 mois de confinement représentent un tiers des dépenses de l’Etat dont 24 milliards pour le chômage partiel et « 20 milliards d’euros pour recapitaliser des entreprises stratégiques en difficulté, comme Air France » qui en récupérera déjà 7 milliards.

+ L’agence de notation S&P a maintenu la notation de la dette de l’Italie, à BBB/A-2, une mauvaise note qui pourrait encore être baissée, « si la dette publique […] ne parvenait pas à s’engager sur une trajectoire descendante clairement discernable au cours des trois prochaines années, ou s’il y a une détérioration marquée des conditions d’emprunt qui compromet la viabilité des finances publiques, en raison notamment d’un soutien insuffisamment des mesures politiques au niveau de la zone euro« , explique l’agence. Celle-ci compte sur l’argent mis dans le rachat indirect de la dette italienne par la BCE, via des rachats sur le marché secondaire, pouvant excéder 30% de la dette totale du pays.

+ Le site Atlantico explique pourquoi les entreprises ne seront pas indemnisées par les assureurs en raison de la pandémie, même quand une clause le prévoit dans leurs contrats: c’est parce que le gouvernement a décidé de mettre toutes les entreprises a l’arrêt. L’article explique que « la décision du gouvernement de fermer les entreprises est une décision administrative et générale. « Elle n’a rien de sanitaire », martèle Florence Lustman, présidente de la Fédération française de l’assurance. Ce qui change beaucoup de choses. « Il y a eu un gros malentendu sur l’indemnisation des pertes d’exploitation », précise Jean-Laurent Granier, PDG de Generali France. « La pandémie de Covid-19 n’empêche pas les entreprises de fonctionner, c’est l’État qui les en empêche ! »« . Aucune garantie n’étant prévue en cas de décision administrative de ce type, les assureurs ne paieront pas.

27 avril : Le Grand Est est en train de calculer l’impact de la crise économique. En matière de demande de chômage partiel, l’industrie est la plus impactée et représente « 8% des demandes, 24% des salariés placés en activité partielle en région (près de 145 000), soit 52% des établissements employeurs et 46,6% des salariés du secteur en région« , vient ensuite la construction « 14% des demandes qui concernent 62% des établissements employeurs et 78,2% des salariés« , puis le commerce et la réparation automobile et l’hôtellerie – restauration qui « représente 12% des demandes régionales, concerne 73% des établissements employeur et près de 79% des salariés du secteur » selon le site L’Info du Jour. En matière d’accès au fonds de solidarité pour les TPE, indépendants et micro entreprises, « 34.381 entreprises ont perçu 45,558 millions d’euros pour un montant moyen de 1.325 €. Au national, 974 368 demandes pour 798,5 millions d’euros ont été versés à 598.977 entreprises« .

+ Quelle sera la capacité des banques à honorer les prêts garantis, même si elles ne prennent en charge que 10% du risque (et les contribuables 90%)? Des économistes s’interrogent, notamment dans Le Monde: « avec la crise sanitaire, c’est l’économie à l’arrêt qui pourrait, à son tour, entraîner une crise bancaire et financière, bien au-delà des turbulences des marchés boursiers des dernières semaines« , écrit une économiste, qui en appelle aussi à se préparer à un renflouement de banques françaises. Elle évoque entre autres « Des défauts de paiement et de remboursement de crédits arrivant à échéance [qui] vont faire augmenter la part des créances douteuses à l’actif des banques« , ce qui amènerait un défaut de liquidités principalement dans les échanges d’argent entre les banques, d’autant que leurs taux de fonds propres sont peu élevés (5,8 % environ en zone Euro contre 9,3 % pour les banques américaines). Le 25 avril, BFM évoquait la possibilité pour les banques de ponctionner l’épargne, qui avec les fonds propres représentent le seul cash disponible, et rappelait : « En 2013, le FMI lui-même suggérait aux Etats des pays développés de ponctionner l’épargne des ménages via une taxe. « Les taux de taxation nécessaires pour ramener les ratios de dettes (par rapport au PIB) à leur niveau de la fin 2007 nécessiteraient une imposition d’environ 10% sur tous les ménages disposant d’une épargne nette positive », expliquaient les économistes de l’institution monétaire« . Et dans Les Echos le 27 avril, une tribune était intitulée : « Pourquoi il va falloir aider les banques« .

+ Certaines villes distribuent des bons alimentaires, comme Brest (1500 familles concernées), Toulouse (10.000 enfants touchés), Cherbourg (500 familles) ou Chambéry (700 familles concernées). L’Etat a annoncé mettre 39 millions pour de l’aide alimentaire d’urgence aux familles, en priorité celles dont les enfants ne vont plus à la cantine. Le 18 avril, le préfet de Seine-Saint-Denis alertait sa hiérarchie sur les risques de grande précarité sur le plan alimentaire de nombreuses familles et même sur de potentielles « émeutes ».

28 avril : Les impayés de loyers HLM sont en forte hausse pour le mois de mars, relate Le Monde, et des associations craignent que cela ne touche également le privé. « Pierre Concialdi, économiste à l’Institut de recherches économiques et sociales, un think tank proche des syndicats, évalue, lui, à 3,9 millions de ménages la population « à risque », c’est-à-dire qui perd, en moyenne, 29 % de ses ressources. Or, ces Français doivent face à des dépenses contraintes incompressibles, notamment de logement pour les 2,6 millions de ces ménages qui sont locataires« , explique notamment le quotidien.

+ Après Air France, c’est chez Airbus qu’un plan de licenciements s’annonce. Le secteur aéronautique est en berne. Selon Les Echos, « Airbus prépare ses salariés à des décisions douloureuses. Une consolidation apparaît inévitable pour les PME et ETI de la filière« . Chez British Airways, 12.000 emplois sont menacés.

+ Remontée des taux des crédits immobiliers, à 1,16%. Les Echos expliquent : « la production de crédit a été très perturbée par la crise sanitaire. Mais la demande de crédit avait déjà marqué des signes d’essoufflement depuis décembre 2019 avec la hausse des prix de l’immobilier et le durcissement des conditions d’octroi sous l’impulsion du Haut conseil de stabilité financière (HCSF), soucieux alors de calmer le jeu d’un marché en ébullition ». Le nombre de nouveaux crédits immobiliers a baissé de 12,5 % sur le neuf et de 8 % en moyenne, et les apports personnels ont augmenté de 12% sur un an. 220.000 personnes pourraient ainsi se voir refuser l’accès au crédit.

+ Appel de la Commission Européenne aux banques pour qu’elles prêtent davantage aux entreprises et aux ménages. Ouest France explique « Bien que nombre d’établissements financiers annoncent des résultats trimestriels catastrophiques, telle l’espagnole Santander ce mardi 28 avril, dont le bénéfice net a chuté de 82 %, la Commission européenne estime que ce secteur est bien mieux armé pour affronter cette crise qu’il y a dix ans. « Nous avons su tirer les enseignements de la crise précédente où le secteur financier était une partie du problème. À l’heure actuelle le secteur financier fait partie de la solution », a estimé l’un des vice-présidents exécutifs de la Commission« .

+ Parmi les résultats trimestriels des grandes banques, annoncés aujourd’hui, HSBC a annoncé une baisse « de moitié de son bénéfice au premier trimestre, à 3,2 milliards de dollars (3 milliards d’euros) contre 6,2 milliards l’année dernière« , selon le Times. Le cours de l’action Deutsche Bank a « bondi » ce mardi de 11,5%, parce que les pertes de bénéfice sont moins importantes qu’annoncé avec un bénéfice net de 66 millions d’euros. En matière de fonds propres, censés garantir les prêts octroyés et assurer le financement de l’économie, « Elle afficherait un ratio de fonds propres durs (CET1) de 12,8% à fin mars, impacté négativement à hauteur de 40 points de base par les effets de la pandémie« , précise Capital, « Les banques américaines, qui n’ont pas ces contraintes, génèrent des marges supérieures et dominent le créneau lucratif de la banque d’investissement. De plus les taux d’intérêt bas ou nuls pèsent sur la rentabilité« . Les cours des actions de BNP, Société Générale et autres banques françaises ont aussi pris quelques pourcents.

+ Compléments alimentaires et coronavirus : Message de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), qui « met en garde contre la consommation de certains compléments alimentaires. Ils peuvent contenir des plantes susceptibles de perturber les défenses naturelles de l’organisme utiles pour lutter contre les infections comme le Covid-19« . Sont listées des « plantes contenant des dérivés de l’acide salicylique (analogues de l’aspirine) » : saule, reine des prés, bouleau, peuplier, verge d’or, polygalas. Et aussi « des plantes contenant d’autres anti-inflammatoires végétaux » : harpagophytum, échinacées, curcuma, réglisse, griffe du chat (appelée aussi liane du Pérou), et des plantes des genres Boswellia et Commiphora.

29 avril : « Il faut reprendre le travail et il faut qu’un maximum de Français reprennent le travail (…) Le retour à l’activité est indispensable pour la nation française. Nous devons retourner au travail, nous devons reprendre notre activité et nous devons le faire tous ensemble » dès le 11 mai, a insisté Bruno Le Maire. Il a aussi annoncé qu’un nouveau « plan de relance » de l’économie française sera présenté à l’automne.

+ Hausse des retards de paiement d’entreprises de plus de 70% depuis le début de la crise : « du 1er janvier au 11 mars 2020, la moyenne des factures impayées avec plus de 10 jours de retard se situait sur une moyenne autour de 19,25%. A compter du 11 mars 2020, la courbe des factures impayées affiche une dégradation très importante pour atteindre 33% au 20 avril 2020, soit une croissance de +71,54%« , explique BFM Businesss. Soit 96 milliards de non paiements contre 75 avant la crise.

+ La surveillance des investissements non-européens en France va être renforcée. « Pour éviter des « acquisitions prédatrices », Bruno Le Maire a annoncé l’abaissement à 10% du seuil de déclenchement du contrôle des investisseurs non européens« , contre 25% auparavant annonce BFM. La mesure est prévue jusqu’à la fin de l’année.

+ La dette souveraine de l’Italie est au bord du classement dans la catégorie des produits « spéculatifs », c’est-à-dire risqués.

+ La Commission européenne valide le prêt de 5 milliards garantis par l’Etat à Renault, qui dispose de filiales dans des paradis fiscaux autres que les 13 listés par la France (comme Malte, le Luxembourg ou Singapour).

30 avril : Le magazine Capital s’interroge : « La crise du coronavirus sera-t-elle payée par un impôt sur l’épargne ? » et interroge deux banquiers dont Eric Chaney, conseiller économique à l’Institut Montaigne, qui considère que l’argent que les Français, empêchés de consommer accumulent sur leur épargne sans risque, livrets en tête, sera taxé. Ces sommes « finiront par être ponctionnées par l’Etat, pour rembourser les dettes créées. “Alors que le taux d’épargne pourrait grimper à 25%, la question n’est pas de savoir s’il y aura un impôt, mais plutôt de savoir quand, et comment”, indique l’économiste, « Et la tentation sera grande de prendre cet impôt sur l’assurance vie, ou sur les plus fortunés« . En effet, en cas d’impôt supplémentaire, c’est soit les plus privilégiés qui paieront beaucoup, soit tout le monde qui paiera beaucoup. Le 28 avril, c’était Le Figaro qui s’interrogeait sur l’utilité d’une taxe sur l’épargne des français, en particulier sur les 55 à 60 milliards d’euros qu’ils n’ont pas dépensés durant le « confinement », et qui sont qualifiés de « sur-épargne« .

+ La grande distribution profiterait de la crise du coronavirus pour écraser les prix d’achat auprès des producteurs. Selon un éleveur de l’est de la France, les prix ne couvrent plus que les 3/4 des coûts de production : « On est payé 75 % de nos prix rémunérateurs. On ne peut pas tenir très longtemps », rapporte France Info, « Ces éleveurs demandent une contractualisation avec les grandes-surfaces qui prenne en compte leurs coûts de production. « Aujourd’hui, on exporte vers l’Italie avec des tarifs qui n’ont pas baissé. Mais en France grande distribution ne joue pas le jeu » ».

2 mai : Les milliardaires US s’en tirent bien malgré la crise économique. « Entre le 1er janvier 2020 et le 10 avril 2020, 34 des 170 milliardaires les plus riches des Etats-Unis ont vu leur fortune augmenter de plusieurs dizaines de millions de dollars. Huit d’entre eux ont vu leur valeur nette augmenter de plus d’un milliard de dollar« , explique Reporterre, qui relate un rapport de l’Institute for Policy Studies. Entre le 1er janvier 2020 et le 15 avril, la fortune de Jeff Bezos a gonflé de 25 milliards, Bernard Arnault environ 10 milliards de dollars qui font monter sa fortune à 91,5 milliards de dollars. Et entre le 18 mars et le 10 avril, « la richesse des milliardaires américains a augmenté de 282 milliards de dollars, soit un gain de près de 10%« . En fait, ils ont profité de la remontée artificielle des cours de bourse grâce aux milliards injectés par les Banques Centrales, les mêmes milliards que certains nous demandent déjà de « rembourser ». Il faut savoir que de nombreux épargnants se sont aussi mis à spéculer, et en France on connaît un record d’ouverture de portefeuilles.

4 mai : Le Maire annonce qu’il y aura des faillites de très petites entreprises. Il dit qu’il « souhaite » que « tous les commerces puissent rouvrir le 11 mai prochain« . Le fonds de solidarité sera maintenu jusqu’au 31 mai, et jusque fin juin pour les cafés, bars, restaurants qui ne rouvriront qu’en juin. Un plan pour la rouverture de ces « lieux de convivialité » serait présenté fin mai. « Pour éviter des licenciements en masse, le ministre de l’Economie a identifié « au moins » trois secteurs « les plus fragiles », à savoir le tourisme, l’industrie aéronautique et l’industrie automobile« , précise France Info. Sur les loyers des commerces et indépendants, il y a deux cas de figue: »« Soit votre loyer est payé à une grande foncière et elles se sont engagées à annuler les loyers sur trois mois pour toutes les TPE (très petites entreprises) de moins de 10 salariés », rappelle d’abord Bruno Le Maire. Pour les autres, « elles peuvent bénéficier du fonds de solidarité dont le deuxième étage va jusqu’à 5 000 euros et permet de financer votre loyer »« .

+ Qui sont les plus gros donateurs pour le vaccin et des traitements contre le coronavirus? En numéro 1, avec 255 millions de dollars, c’est le duo Bill et Melinda Gates, puis Jeff Bezos et le patron de Dell ont donné chacun 100 millions. Et en France? Selon ContrePoints, « Bernard Arnault a fait transformer trois des usines de parfum de LVMH pour fabriquer du désinfectant pour les mains. Il est distribué gratuitement aux autorités françaises et européennes. LVMH s’est engagé à fournir au moins 40 millions de masques à la France, en payant 5 millions d’euros pour la première semaine de livraison. Kering, le conglomérat du luxe de François Pinault, a promis de fournir 3 millions de masques chirurgicaux aux services de santé français. Les marques de haute couture Balenciaga et Yves Saint Laurent fabriquent également des masques« .

+ Aux Etats-Unis, un groupe de milliardaires et de scientifiques appelé « Scientists to Stop Covid-19 » s’est constitué en mars. Dans ce groupe, il y a par exemple « les milliardaires Peter Thiel, Jim Pallotta et Michael Milken, qui se chargent d’interpeller les autorités en matière de santé en faisant marcher leurs réseaux de connaissances« . Loin de chercher du côté des remèdes naturels, « Une des idées principales est l’usage de puissants médicaments à fortes doses, utilisés auparavant contre Ebola« . Ils travailleraient aussi sur une application de traçage de la population. Ils ont déjà réussi à obtenir l’autorisation de produire des « médicaments dérivés d’anticorps monoclonaux« , grâce à des contacts avec l’équipe de Trump.

5 mai : La Cour constitutionnelle Allemande exige que la Banque Centrale Européenne justifie la légalité de son plan d’aide lié au coronavirus, et cela dans les trois semaines. Elle peut suspendre la participation de la Banque Centrale Allemande au plan en question. Le magazine Capital ajoute: « La décision de la Cour constitutionnelle allemande risque de déstabiliser les marchés ».

6 mai : Les délais de paiement entre entreprises se sont rallongés depuis le début de la crise. Des pratiques commerciales telles que réclamer 20% de baisse de tarifs aux sous-traitants comme l’a fait General Motors, se sont multipliées. Selon le comité mis en place par Bercy pour suivre le sujet des impayés dresse dans un rapport la liste des dérives:

  • les pressions très fortes exercées pour revoir à la baisse les prix ou les tarifs pratiqués dans les contrats liant clients et fournisseurs, parfois de manière rétroactive et sous peine de ne pas pouvoir concourir à un prochain référencement,
  • l’absence de validation de la facture pour service fait, ce qui allonge les délais de paiement,
  • le retard dans l’émission des bons de commande, ce qui décale de fait la facturation,
  • la demande de récupération par le client des décalages de charges obtenues par le fournisseur,
  • la compensation entre sommes dues et sommes à recevoir alors que leurs échéances respectives en vertu des délais légaux sont différentes,
  • la hausse unilatérale des tarifs pour des fournisseurs en position de force.

7 mai : Le ministère des Finances est en train d’identifier tous les coffres-forts loués dans des banques et qui appartiennent à des français. Tous ceux qui en louent un doivent le déclarer au Fisc à partir du 1er septembre.

+ Air France KLM (Air France = 45.000 emplois, KLM = 35.000), qui va bénéficier d’un prêt de 7 milliards garantis par les contribuables, annonce des réductions d’effectifs en raison de sa forte baisse d’activité. L’entreprise a perdu 1,8 milliards au premier trimestre. Selon l’Usine Nouvelle, « Face à cette crise sans précédent, le groupe a réduit ses investissements et entrepris des réductions de coûts estimées à 350 millions d’euros par mois au deuxième trimestre« . L’activité ne reprendra totalement un moment, selon les dirigeants. « La demande passagers « ne devrait pas revenir au niveau d’avant la crise avant plusieurs années », avertit Air France-KLM. En conséquence, la capacité structurelle de la flotte sera réduite de 20% en 2021 par rapport au niveau d’avant la crise, indique le groupe dans ses résultats trimestriels, ce qui donne un indice quant à l’ampleur des suppressions d’emplois« , explique l’Usine Nouvelle.

8 mai : Un amendement destiné à protéger les ménages les plus précaires des frais bancaires a été éliminé par le gouvernement: « Les sénateurs socialistes avaient fait rajouter un article à la loi sur l’état d’urgence sanitaire afin d’exonérer les plus modestes des commissions bancaires pendant le confinement. L’exécutif a réclamé la suppression de cet ajout« , explique Marianne. Objectif du gouvernement: protéger les banques.

+ La BCE a assoupli les règles pour que les Etats puissent renflouer des entreprises nationales, comme la France l’a fait avec les 7 milliards d’Air France KLM. Différentes conditions ont été fixées, comme l’interdiction de verser des dividendes ou des bonus aux managers ou rester moins de 6 ans dans le capital. Et c’est l’Allemagne qui investit le plus dans ses entreprises. Selon BFM Business, « Depuis l’annonce d’une plus grande flexibilité en matière de règles de la concurrence, Bruxelles a autorisé des aides d’Etat pour un montant total d’environ 1900 milliards d’euros, selon une porte-parole de la Commission. L’Allemagne arrive en tête avec 52% des aides autorisées, puis la France avec 17% et l’Italie avec 16%« . 

9 mai : La bourse américaine est en hausse malgré les 20 millions de chômeurs supplémentaires en avril. Tous les indices montent : le Dow Jones (30 plus grosses entreprises cotées) a fait +2,6% en une semaine, le S&P 500 (indice de 500 entreprises cotées) a pris 3,5%, le Nasdaq + 6%. Ils ont pris 30% depuis le 23 mars, quand la bourse était au plus bas.

+ Un numéro vert a été mis en place par le ministère des Finances pour les chefs d’entreprise qui se trouvent « en situation de stress » à cause de la crise. Ce numéro « d’écoute et de soutien psychologique« .

11 mai : Le Maire déclare que les entreprises du secteur automobile qui veulent des aides (hors chômage partiel) doivent relocaliser une partie de leur production en France. Il a aussi parlé de « transition écologique« , et d’une obligation de « gagner en compétitivité« , ce qui signifie généralement des licenciements, et a ajouté : « Nous sommes prêts à vous aider, nous sommes prêts à améliorer par exemple les primes à la conversion, nous sommes prêts à regarder ce qui peut améliorer votre compétitivité sur le site de production français, la contrepartie ça doit être quelle relocalisation est-ce que vous envisagez« .

12 mai : L’Etat consent un prêt de 600 millions d’euros garantis à Castorama et Brico Dépôt. L’arrêté précise que « La garantie de l’Etat est accordée aux établissements BNP Paribas, Crédit Agricole Corporate and Investment Bank et Crédit Lyonnais pour le prêt (…) consenti à Castorama France SAS et Brico Dépôt SAS », deux marques du groupe Kingfisher. Par ailleurs, 485.000 demandes de prêts garantis par l’Etat ont été faites depuis le début de la crise, principalement par des TPE.

+ Les banques ne sont pas à l’abri d’une crise grave, selon UBS. Capital relate : « Les banques européennes se préparent pour le moins à une année difficile. « Il va y avoir de la casse, mais on ne sait pas exactement quand », résume auprès de l’AFP Lorraine Quoirez, analyste chez UBS« . En effet, les banques européennes ont toutes mis du cash de côté, souvent à coups de milliards, en prévision de défauts de paiements de la part des entreprises (et probablement d’une réduction des prêts interbancaires). « « Une explosion des taux de défaut sur les prêts » est à prévoir, avertit Eric Dor, directeur de recherche à l’Institut d’économie scientifique et de gestion (IESEG)« , explique l’article de Capital, qui ne manque pas de revenir sur le rôle -totalement artificiel- de « sauveuses » joué par les banques dans cette crise : « Les banques, à l’origine de la crise financière de 2008-2009, jouent cette fois le rôle d’amortisseur en continuant de financer les entreprises et de soutenir les ménages en difficulté. Pour y parvenir elles bénéficient d’un apport de liquidités massif de la part des banques centrales et du soutien des régulateurs qui ont temporairement allégé leurs exigences« .

+ L’Etat annonce 1,3 milliard pour soutenir le secteur du tourisme, qui représente 9% du PIB et 2 millions d’emplois directs et indirects. Il ne s’agira pas de prêts mais d’investissements dans le secteur, qui bénéficie déjà d’un plan de prêts garantis par l’Etat de 4 milliards d’euros. L’article de France Bleu conclut que selon la Caisse des Dépôts et Consignations, qui est à la manoeuvre, « assure que la qualité environnementale des projets sera un des critères clés pour bénéficier de ce plan. A titre d’exemple, le groupe Caisse des dépôts va investir 10 millions d’euros d’investissement pour le développement d’un deuxième parc Futuroscope« .

+ Le patronat européen réclame un plan de relance, peut-être jusqu’à 5% du PIB européen et au moins jusqu’en 2023. Dans une tribune, les fédérations patronales européennes demandent: « Au-delà du premier paquet de mesures sur les capacités de prêt de la BEI (Banque européenne d’investissement), de la Commission et du MES (Mécanisme européen de stabilité), nous appelons les dirigeants européens à approuver rapidement une proposition audacieuse pour le prochain cadre pluriannuel du budget européen, afin de créer un Fonds européen de relance de taille adéquate », ajoutent les signataires de cette tribune« .

+ L’activité a chuté de 27% en moyenne par semaine en avril, après 32 % lors des semaines de mars, selon la Banque de France, qui évoque une baisse du PIB de 6% jusqu’à présent.

14 mai : Alors que 12 millions de salariés sont placés en chômage partiel (bien que certains télétravaillent aussi) et que la mesure a déjà coûté 25 milliards d’euros puisque l’Etat prend en charge 84% du net et 70% du brut, Pénicaud n’a pas l’intention d’aller trop vite pour retirer ce matelas aux entreprises, bien que des multinationales en profitent au même titre que des PME. La mesure sera revue à la baisse à partir du 1er juin pour « favoriser la reprise d’activité« . Selon le Parisien, deux options sont sur la table: ou « à baisser progressivement la prise en charge des pouvoirs publics de 10 % », ou « maintenir le pourcentage (70 %), mais en changeant l’assiette du dispositif. Ainsi, au lieu de « couvrir » les salaires allant jusqu’à 4,5 smic, la prise en charge se limiterait à ceux allant jusqu’à 3,5 smic » etc. Il sera maintenu pour les secteurs qui ne peuvent pas encore reprendre (tourisme, restauration, événementiel…).

15 mai : La Commission européenne s’apprête à annoncer le 27 mai son « plan de relance » qui consiste à créer des obligations (des titres de dette) garantis par les Etats, à hauteur de 1.000 milliards. Le Parlement sera consulté, et réclame 2.000 milliards. Le plan serait financé « par l’émission d’obligations de relance à longue échéance » sous « forme de prêts et, en majorité, de subventions, de paiements directs en faveur de l’investissement et de capitaux propres« .

+ Macron reçoit une dizaine d’économistes, tous des orthodoxes du libéralisme. Ils ont discuté de la crise économique et de ses impacts économiques et sociaux. Marianne cite la liste de ceux qui ont ainsi eu l’oreille attentive du président : « Daniel Cohen, professeur, habitué des colonnes de L’Obs et des plateaux télévisés ; Philippe Aghion, du Cercle des économistes et du carré macronien ; Patrick Artus, chef économiste chez Natixis et membre du Cercle des économistes ; Gilbert Cette, l’orthodoxie faite homme ; Benoît Coeuré, dirigeant du pôle innovation à la Banque des règlements internationaux, ancien membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE) ; Elie Cohen, europhile enthousiaste et médiatique; Jean Pisany-Ferry, tête pensante du programme d’Emmanuel Macron pour la présidentielle de 2017, membre du Cercle des économistes ; Philippe Martin, président délégué du Conseil d’analyse économique qui conseille Edouard Philippe ; Jean-Luc Tavernier, directeur de l’Institut National de la Statistique ; et enfin Laurence Boone, seule femme invitée, ancienne conseillère de François Hollande à l’Elysée, chef économiste à l’OCDE, membre du Cercle des économistes« . 

16 mai : Un nouveau plan de relance est en discussion au Parlement américain, poussé par les démocrates qui voudraient injecter 3.000 milliards de dollars. En plus des 2.700 milliards déjà prévus. Les démocrates demandent des fonds, notamment pour attribuer 6.000$ à chaque américain et 12.000$ aux couples, et 1.000 milliards pour les Etats.

18 mai : Conforama (9.000 salariés), au bord de la faillite, attend depuis des semaines son « prêt garanti par l’Etat » de la part de BNP Paribas et a demandé l’intervention de l’Etat pour accélérer le processus. « Une réunion était prévue le 15 mai avec les dirigeants de Conforama, le Ciri, les assureurs et les banques pour finaliser l’octroi du prêt PGE, mais nous avons été choqués d’apprendre que BNP Paribas a boycotté cette réunion sans fournir aucune autre explication, rapporte la CFE-CGC« , explique Ouest France.

+ On apprend que les enseignes Alinea (2.000 salariés en France) et Naf Naf sont en redressement judiciaire, après les annonces de La Halle, André, Orchestra.

+ Les discussions dans le cadre du « plan Hôpital » vont commencer la semaine prochaine. Les syndicats attendent autre chose que les « effets d’annonce ». France Info rappelle que « Le ministre de la Santé promet un plan cet été, voté ensuite à l’automne prochain par le Parlement dans le cadre du budget de la Sécurité sociale. Il faudra en tout cas faire vite, plaide le Dr Olivier Milleron, du collectif Inter-Hôpitaux. « On a besoin de mesures d’urgence », rétorque le cardiologue« . 

19 mai : Le groupe Altice, qui appartient à Patrick Drahi, un des patrons les plus endettés du monde à force d’acheter des entreprises en s’endettant, va subir un plan de restructuration. Altice, c’est le groupe NextRadioTV (1.600 salariés dans SFR, BFM-TV et RMC Sport…) et d’autres entreprises comme Covage (fourniture de fibre)… Le nombre d’emplois va être réduit, un appel aux départs à été lancé, « le recours aux intermittents et autres pigistes va être divisé par deux » et si cela ne suffit pas, il y aura des licenciements. Cela, au nom de difficultés liées au coronavirus. Le monde explique : « En ligne de mire, le pôle « sport », véritable gouffre financier depuis qu’Altice s’est lancé sur le marché de la télévision payante, en rachetant pour un milliard d’euros les droits de la Ligue des champions pour les saisons 2018-2021« . D’autres groupes de presse devraient suivre, selon Libération : « d’autres groupes ont préparé le terrain ces dernières semaines. M6 a prévu de diminuer les dépenses de 100 à 200 millions d’euros, TF1 a promis des «économies massives», NRJ a entamé un «plan de réduction des charges et des investissements»… Dans la presse écrite et numérique, moins solide que l’audiovisuel, la chute des recettes publicitaires risque d’être plus sanglante encore« . 

+ Renault, qui bénéficie d’un prêt garanti par l’Etat, envisage de fermer plusieurs sites en France, selon les Echos: « Les sites de Choisy-le-Roi et des Fonderies de Bretagne devraient être fermés, ainsi que l’usine de Dieppe qui produit l’Alpine. L’usine de Flins, qui a assemblé 160.000 voitures en 2019, pourrait, elle, non pas fermer mais abandonner la production de véhicules« . Cette annonce intervient le jour de l’annonce de l’obtention des 5 milliards de prêt garantis à 90% par l’Etat.

+ Les grosses fortunes britanniques ont perdu de l’argent avec la crise du coronavirus. L’enquête sur 1.000 plus grandes fortunes (déclarées) au Royaume-Uni montre une baisse cumulée pour la première fois depuis 2009, de 54 milliards de livres (60 milliards d’euros). La moitié des 1000 seraient concernés par une baisse de patrimoine. « En 2020, le Royaume-Uni compte 147 milliardaires, soit quatre de moins que l’an dernier. Londres reste la capitale mondiale des milliardaires: 89 d’entre eux y sont basés« , précise Challenges.

20 mai : Au lieu de disparaître comme prévu, la CRDS va être prolongée jusqu’en 2033. Comme le constate France Inter, la prolongation de cette contribution de 0,5% sur l’ensemble des salaires est « la première facture fiscale de la crise du coronavirus« . officiellement, il s’agit de combler de trou de la sécurité sociale, creusé par les baisses de financement successives. « Cet impôt, qui rapporte beaucoup d’argent pour financer les dettes passées de la sécurité sociale, a été créé il y a bien longtemps, en 1996. Il devait s’arrêter en 2009. Puis en 2014. Puis en 2024. Eh bien voilà, le gouvernement a pris la décision de le prolonger jusqu’au 31 décembre… 2033« , explique France Inter. 

25 mai : Alerte sur les fonds propres des banques, qui pourraient être atteints avec la crise économique qui se profile, selon l’Autorité bancaire européenne. La raison : les prêts en cours qui ne pourront pas être remboursés par les débiteurs (dans un premier temps des entreprises) et que les banques devront assumer. Selon la Coface (un assureur de crédit), les faillites d’entreprises pourraient augmenter de 25% en 2020. Finalement, c’est la « rentabilité » des banques qui pourrait être atteinte. La Tribune rapporte que « L’Autorité bancaire européenne (ABE)* prévoit une forte dégradation de la qualité des actifs détenus par les banques européennes, en raison des turbulences économiques à venir liées à la crise du Covid-19, dans un rapport publié lundi« .

26 mai : Macron a annoncé les éléments du plan de relance du secteur automobile. La prime pour les véhicules électriques est montée à 7.000€, et 2000 pour les hybrides. 100.000 bornes de recharge seront installées pour 2021. Il y aura aussi 200.000 primes à la casse de 3.000€ pour le rachat d’un véhicule plus propre ou 5.000 € pour l’achat d’un véhicule électrique, pour les ménages au revenu fiscal de référence inférieur à 18.000€. Il y aura aussi un fonds d’investissement de 600 millions d’euros, en échange de relocalisations, dont 400 mis par l’Etat et 200 par les groupes automobiles. Et 150 millions seront investis dans la recherche pour le véhicule du futur. « Au total, l’Etat devrait apporter plus de 8 milliards d’euros d’aide au secteur automobile. Emmanuel Macron attend en revanche : que les constructeurs prennent « des engagements pour relocaliser ». Le groupe PSA (Peugeot, Citroën, Opel) devra fortement augmenter sa production française de voitures hybrides et électriques. En parallèle, d’ici 2022, Renault devra, lui, « tripler la production de véhicules électriques« , explique le magazine Auto Moto. De son côté, Médiapart est sceptique sur le côté novateur de la « réforme » et sur son efficacité. « Macron entend « faire de la France la première nation productrice de véhicules propres en Europe » et « y relocaliser de la valeur ajoutée ». L’objectif est de construire sur le territoire au moins un million de véhicules « propres » d’ici à cinq ans (…) En échange de ces aides, les constructeurs s’engagent à relocaliser une partie de leur production de véhicules électriques, les batteries, les moteurs électriques, les piles à hydrogène et les équipements pour la voiture autonome en France. PSA, qui ne produit aucune voiture électrique en France, promet d’y construire 450 000 véhicules d’ici à cinq ans, notamment dans ses usines de Poissy, Rennes et Mulhouse« . 

+ Richard Ferrand évoque une « contribution des plus aisés«  ponctuelle mais sans rétablir l’ISF: « Ce n’est pas en rendant la France moins attractive qu’on va redresser le pays« , selon lui. Mais il semble que le souci soit davantage la communication que l’équité : « Il va falloir concentrer nos efforts sur quelques priorités et à cette occasion, envoyer des messages politiques qui montreront très clairement que la justice et la solidarité sont au coeur de ces premiers dispositifs« .

+ AXA va indemniser des entreprises même si les contrats sont flous sur la couverture dans le cas d’une cessation d’activité liée à une pandémie. AXA vient d’être condamné en justice à indemniser un restaurateur. Selon Les Echos, AXA « fait face à des organisations professionnelles qui envisagent de fédérer des entreprises pour mener des actions groupées en justice« . La tension est en train de monter entre els assureurs et certaines branches professionnelles: « L’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) a quant à elle envoyé lundi un courrier au Premier ministre, prévenant que, faute de solution, ses adhérent n’auront d’autre choix que « de multiplier les contentieux pour faire respecter leurs droits et de se détourner progressivement des compagnies d’assurances françaises »« . AXA a aussi promis 500 millions pour renforcer les fonds propres des PME et indépendants.

+ Macron maintient qu’une partie de la dette actuelle doit être remboursée sur les comptes sociaux. Cela laisse craindre de nouvelles mesures d’austérité afin de résorber le déficit (creusé par la suspension des cotisation sociales pour le chômage partiel ou la prise en charge par l’Unedic d’un tiers du chômage partiel, par exemple). « En avril, le gouvernement avait estimé que le déficit de la Sécurité sociale serait au moins de 41 milliards d’euros et de 15 milliards d’euros pour l’assurance-chômage. Ce déficit est d’une ampleur inédite historiquement, ce qui signifie sans doute qu’un simple retour conjoncturel aura bien du mal à ramener les comptes à l’équilibre. D’autant que la reprise sera lente et incertaine« , rappelle Médiapart.

27 mai : Von der Leyen a présenté un plan de relance, qui doit encore être négocié par les Etats membres et il faudra l’unanimité pour l’adopter. Elle propose de lever sur les marchés 750 milliards d’euros pour les redistribuer aux Etats membres (500 milliards en subventions et 250 en prêts). « Ces sommes sont censées pourvoir au financement de programmes d’investissement pour la transition écologique, la numérisation et les nouvelles technologies, et les réformes et les programme de santé dans les différents pays. L’essentiel de ces aides devrait être accordé sur une période de 2 à 3 ans« , explique Médiapart. On ne sait pas à quelles conditions ces euros seront octroyés. Il faudra aussi augmenter le budget de l’UE, et différentes pistes sont évoquées, notamment des taxes sur les entreprises.

+ Selon le ministère du Travail, le nombre d’offres d’emploi serait presque revenu au niveau d’avant la crise : «  »Sur un panel d’une quinzaine de sites suivis, le nombre d’offres d’emploi en ligne publiées du 18 au 24 mai se situe à 97% du niveau pré-confinement » assure la Dares ce 27 mai lors de son point hebdomadaire sur le marché de l’emploi ».

28 mai : Renault, qui va bénéficier d’un prêt garanti par l’Etat de 5 milliards, va annoncer le 29 mai 15.000 licenciements dans le monde, et 4.600 en France. Pourtant le ministre de l’économie avait demandé que les constructeurs automobiles « relocalisent » la production. Selon l’annonce du groupe aux syndicats, il n’y aurait pas de licenciements « secs ». Renault envisage de fermer quatre sites en France.

+ Le nombre de chômeurs de la catégorie A a grimpé de 22,6% en avril, soit 4,6 millions de personnes en tout. « Sur trois mois, « 1.065 200 demandeurs d’emploi supplémentaires ont été enregistrés dans cette catégorie », indique la Dares, service statistique du ministère du Travail« , relate 20 Minutes. Le nombre de personnes en activité réduite (catégories B et C) a quant à lui chuté de 30% (663.000 personnes). Un article de Mediapart précise que 209.000 personnes se sont inscrites en un mois, toutes catégories confondues : « Durant le confinement, beaucoup d’emplois ont été détruits. L’étude Xerfi le résume : 120 000 postes en moins entre janvier et fin mars dans l’intérim des services marchands qui ont, par ailleurs, réduit de 146 000 les autres types d’emplois. À cela s’ajoutent 162 000 postes d’intérim en moins dans la construction et l’industrie« .

Juin

Cours du CAC 40 sur 6 mois

2 juin : Le CAC 40 remonte vers les sommets, et a pris 10% dans la semaine (plus fort gain hebdomadaire depuis 2011). C’est même devenu à tel point (la hausse du cours des actions) que beaucoup d’investisseurs ne savent plus trop où placer leurs billes, car tout a l’air surestimé. En effet : parmi les actions qui ont le plus grimpé de la semaines il y a Air France KLM et Airbus, alors qu’on sait que leurs modèles sont obsolètes. Les cours ont été dopés par les annonces de prêts et de soutien à l’aéronautique, qui serviront à payer des dividendes (même si cette année il y a eu 24 milliards en moins) et à spéculer sur les hausses d’actions, tout en licenciant. La situation est la même en Europe et aux Etats-Unis.

3 juin : Acrimed rappelle que l’espace médiatique est envahi par les économistes proches du gouvernement et conformes à l’orthodoxie ultra libérale. Par exemple, dans la presse: « Durant deux mois (mars-avril), ils ont signé – individuellement ou à plusieurs – pas moins de 54 tribunes ou articles (dont 23 papiers rédigés par Patrick Artus, 11 par Nicolas Bouzou, six par Daniel Cohen, six par Agnès Benassy-Quéré – également membre du Cercle des économistes)« , rappelle l’article, « De plus, leurs noms reviennent régulièrement dans les articles sur la crise économique, puisque les journalistes recyclent leurs vieux carnets d’adresses. Patrick Artus a été cité 74 fois, Daniel Cohen 63 fois, Nicolas Bouzou 30 fois, Philippe Aghion 25 fois… et à eux tous, ils cumulent 458 citations dans la presse française (et les dépêches) sur 61 jours« . Et ce sont les mêmes économistes qui sont invités par macron, Le Maire et autres membres de la micronie pour évoquer le redressement : « Ainsi, Daniel Cohen, Philippe Aghion, Patrick Artus, Elie Cohen, Jean Pisany-Ferry, Philippe Martin, Jean-Luc Tavernier et Laurence Boone sont allés déjeuner le 15 mai avec Emmanuel Macron. Ceux-là mêmes qui depuis quelques décennies, occupent le devant de la scène médiatique sur les questions économiques« .

+ Le forum économique de Davos annonce le thème du sommet de 2021: le grand reset économique, c’est-à-dire la remise à zéro de l’économie. Traduction : la spoliation des citoyens et la mise en coupe réglée du monde au profit de la haute finance. Bien-sûr, tout cela, sera greenwashé, durable etc. C’est le prince Charles qui l’a annoncé : « Pour assurer notre avenir et prospérer, nous devons faire évoluer notre modèle économique et placer les personnes et la planète au cœur de la création de valeur mondiale. S’il y a une leçon critique à tirer de cette crise, c’est que nous devons mettre la nature au cœur de notre fonctionnement. Nous ne pouvons tout simplement pas perdre plus de temps« .

4 juin : L’accès au crédit immobilier se restreint, en raison selon Capital du « double effet de la hausse des taux et de la baisse du taux d’usure« . Le taux du crédit immobilier est passé à 1,25% en moyenne, contre 1,12% en novembre 2019. Le taux d’usure est le taux au-dessus duquel les organismes n’ont pas le droit de prêter, il est passé de 2,51 pour les prêts de 20 ans et plus, 2,40 pour 10 à 20 ans, contre 2,77% fin 2019.

+ Selon le Financial Times, les fonds spéculatifs s’attendent à une chute des cours en bourse, qui seraient « déconnectés » de la réalité économique. « Les hedge funds se préparent à un nouvel effondrement des marchés boursiers et sont inquiets sur la flambée des prix qui ne reflète pas les problèmes économiques à venir« , explique le journal. Ceux qui sont habitués à acheter bas pour revendre plus haut ont peut-être été trop optimistes sur la capacité des économies à surmonter la crise. En effet, les indices sont euphoriques: le S&P 500 par exemple a repris 40% depuis son plus bas en mars. le NASDAQ-100 a dépassé le niveau d’avant-crise. Le Dow jones aussi a pris 7% dans la semaine.

+ La BCE rallonge de 600 milliards d’euros le programme PEPP de rachat de dettes publiques et privées, en plus de 750 milliards débloqués en mars. De plus, le programme est prolongé jusque « au moins fin juin 2021« .

5 juin : L’Etat va ajouter 1,2 milliards au pot pour les start-ups. En mars, 4 milliards avaient déjà été consacrés aux start-ups dont 2 milliards de garanties de prêts et une avance de 1,5 milliard du crédit d’impôt recherche. Motif de cette rallonge : « Certaines startups rencontrent des difficultés à lever de fonds dans le contexte actuel » selon Le Maire. Mais alors, où sont les 4 milliards? Il y a en France 13.000 startups qui emploient 100.000 personnes. Un plan qui s’élève donc à 52.000€ par emploi, à une époque où l’Etat cherche à réduire le nombre de fonctionnaires. Ou 400.000€ par startup.

+ Selon l’OFCE, une des économies les plus touchées par la -gestion de- crise du coronavirus est la France, avec l’Espagne et l’Italie, qui ont moins stoppé leur économie. « En avril, l’activité partielle couvrirait 77 % des emplois salariés touchés en France, 83 % au Royaume-Uni, 72 % en Espagne, 75 % en Italie et 59 % en Allemagne« , explique le rapport.

8 juin : Pénicaud annonce un nouveau dispositif de chômage partiel, qui pourrait durer un ou deux ans. 80% de l’activité seulement a repris. Elle a aussi annoncé jusqu’à 50.000 contrôles du chômage partiel d’ici à la fin de l’été. En effet, beaucoup d’entreprises ont fait travailler leurs salariés en télétravail tout en les payant au chômage partie, donc par les contribuables. La fraude serait monumentale,: « Il est encore trop tôt pour mesurer l’ampleur de la triche, mais selon une étude du cabinet d’expertise Technologia, qui a recueilli les témoignages de 2.600 élus du personnel, des abus ont été relevé dans 24% d’entreprises de plus de 50 salariés« , rapportait BFM. 8.000 contrôles auraient déjà été effectués.

+ Le chômage pourrait toucher jusqu’à 2 millions de personnes supplémentaires dans les prochains mois. « Les entreprises en difficulté se multiplient dans tous les domaines : Renault, Engie, Daher, Airbus, Derichebourg, Air France-KLM, Alinéa, Naf Naf, La Halle, Conforama, TUI France, Ford, les sous-traitants aéronautiques, etc. Les salariés en CDD, les vacataires et les intérimaires sont parmi les premières victimes de la crise qui vient« , rappelle La Dépêche.

9 juin : Selon la banque de France, le pays pourrait perdre 1 million d’emplois en 2020. Le chômage ne devrait pas baisser avant 2022. Selon France Info, la Banque de France « prévoit ainsi que le taux d’épargne des ménages dépasse les 22% cette année et que la consommation recule de 9,3%. Avec des marges affaiblies et une activité au ralenti, les entreprises réduiraient de leur côté de 23,3% leurs investissements. Ces difficultés vont « provoquer une réduction importante de l’emploi », mais de manière un peu décalée dans le temps, à mesure que le gouvernement réduit le dispositif massif de chômage partiel mis en place dès le mois de mars. Il faudrait attendre 2022 pour voir redescendre le chômage à 9,7%« . La Banque de France considère aussi que le pays retrouvera son niveau d’activité d’avant la crise à la mi 2022.

11 juin : La Banque Centrale Européenne envisage de créer une « bad bank » pour regrouper les crédits détenus par les banques et qui ne seront pas remboursés. En effet, la dette des entreprise, qui posait déjà problème en France notamment, s’est accentuée avec la gestion de crise du coronavirus : « Les chiffres ont de quoi donner le vertige aux autorités chargées de veiller à la stabilité financière, qui, en France, s’inquiétaient déjà depuis plusieurs années d’une trop forte dynamique du crédit. En avril, les prêts accordés aux entreprises ont encore progressé de plus de 9 %, et de près de 17 % pour les seuls crédits de trésorerie. Des chiffres gonflés par les 87 milliards d’euros de prêts garantis par l’Etat (PGE) accordés à quelque 500 000 entreprises mises en difficulté par l’épidémie de Covid-19« , rappelle Le Monde. La Banque de France mentionne que le montant total des crédits aux entreprises est de 1.127 milliards (+ 700 milliards de prêts obligataires). La BCE a mis en place un groupe de travail, et on s’attend à ce que plus de 1.000 milliards ne soient pas remboursés au niveau européen, contre 500 milliards avant la crise covid-19. Cette bad bank « émettrait alors des obligations que les banques achèteraient en échange de portefeuilles de prêts non remboursés. Les banques pourraient ensuite déposer en collatéral ces obligations auprès de la BCE pour obtenir des financements, a expliqué l’une des sources« .

12 juin : Alors qu’elle allait être bénéficiaire en 2017, la Sécurité sociale va voir son déficit dépasser les 52 milliards d’euros, d’après les prévisions. Dont 29,4 milliards liés à la gestion de la crise du coronavirus.

13 juin : Les députés vont examiner lundi 15 juin un projet de loi qui permettra d’accroître le trou de la sécu de 136 milliards supplémentaires. Il est prévu de créer une 5e branche pour la dépendance. Ce projet a été voté en commission en quelques heures, précise L’Obs. Dans les 136 milliards, il y a « les déficits passés (31 milliards), mais aussi ceux attendus pour l’année en cours (52 milliards) et les trois suivantes (40 milliards), ainsi qu’un tiers du passif des hôpitaux (13 milliards), dont la reprise avait été annoncée en novembre« . Comme le gouvernement déclare ne pas vouloir augmenter les impôts, une « conférence des financeurs » sera organisée d’ici l’automne.

17 juin : La BCE va porter à 1.350 milliards le programme d’urgence PEPP, via des prêts aux banques pour faire crédit aux entreprises.

18 juin : Le secteur financier a perdu plus de 1.000 emploi en mai, en France où le secteur bancaire est le plus important d’Europe occidentale, selon Capital. Le magazine précise que « un ralentissement est attendu dans les mois prochains, en raison d’un recul des demandes de crédits, d’une augmentation des taux, des liquidations de petites et moyennes entreprises et d’un possible déclin pour des produits d’assurance à long-terme. Au total, le secteur privé en France a enregistré la perte de 29.500 emplois en mai 2020« .

+ L’UNEDIC qui gère l’assurance chômage estime que 900.000 emplois de plus seront détruits par rapport au 4e trimestre 2019. « Selon ses calculs, cette spectaculaire hausse aura un coût très important pour puisqu’elle devra indemniser 630.000 demandeurs d’emplois de plus. Selon ses prévisions, l’Unédic enregistrera un déficit de 25,7 milliards d’euros à la fin 2020, et une dette de 63,1% liée pour moitié au financement du dispositif de chômage partiel« .

+ Air France annonce que 8 à 10.000 emplois devront être détruits rapidement, soit 20% des effectifs, et cela malgré les 7 milliards d’aide d’Etat. 6.000 personnels au sol sont concernés. Le groupe évoque des départs « volontaires ».

26 juin : L’Assurance maladie, asséchée par les régressions successives quant à son financement, a pour objectif de réaliser un milliard d’euros d’économies en 2021, selon 20 Minutes, contre 2,07 milliards en 2020.

Juillet

9 juillet : Conforma, qui périclite, obtient en prêt garanti par l’Etat de 300 millions d’euros, pour « créer un champion français du meuble » à travers un « rapprochement avec But« , selon le gouvernement. Des licenciements sont donc à prévoir.

13 juillet : L’Etat a mis déjà 430 milliards d’euros sur la table pour la « relance de l’économie ».

16 juillet : Les refus de prêts garantis par l’Etat à 90% aux entreprises seraient plus nombreux qu’annoncé dans les chiffres officiels. Selon The Conversation, « Sur une enveloppe totale de 300 milliards d’euros, plus de 100 milliards d’euros de PGE ont été octroyés à la mi-mai, selon la Fédération française des banques, ce qui correspond à plus de 500 000 demandes de crédit ». Le taux de refus annoncé est de 2,4%, mais selon une enquête du Syndicat des Indépendants auprès de 1.087 TPE, le taux de refus est de 52%, parfois parce que les banques refusent même de monter le dossier, si bien que la demande de prêt n’est jamais officielle. Avant la crise, le taux de refus de prêts de la part des banques pour les TPE était de 44%.

+ Le 3e budget d’urgence table sur une baisse du PIB de 11%, un déficit de 11,5% du PIB en 2020 et une dette publique à 120,9% du PIB. 18 milliards sont débloqués pour le secteur du tourisme, 15 milliards pour l’aéronautique, 8 milliards pour l’automobile. Une aide de 4,5 milliards pour les collectivités a été ajoutée. Mais tout cela ne devrait être mis en oeuvre que dans 6 mois.

18 juillet : Le plan de relance de l’Europe de 750 milliards a été bloqué par les chefs des Etats européens. Les discussions ne sont pas terminées, mais les Etats du nord refusent de payer trop de milliards pour financer la relance des pays du sud, dont la France. « Ce plan est composé de 250 milliards de prêts, et surtout de subventions à hauteur de 500 milliards, qui n’auront pas à être remboursées par les États bénéficiaires. Il est adossé au budget à long terme de l’UE (2021-2027) de 1 074 milliards d’euros« , rappelle Ouest France.

27 juillet : Le chômage a augmenté de 5,3% depuis le dernier trimestre, touchant 6.760.100 personnes toutes catégories confondues. Le nombre de licenciements économiques a augmenté de 8,7% en un trimestre et de 20,5% sur un an. La moitié des personnes sans emploi ne touchent aucune allocation, rappelle la CGT.

28 juillet : La BCE appelle les banques à ne pas verser de dividendes ni de racheter leurs propres actions pour faire monter le cours en bourse, et de limiter les bonus, d’ici à janvier 2021. Jusqu’à présent c’était jusque fin septembre 2020. Cela, parce que la BCE craint que les Etats ne doivent encore bientôt mettre au pot pour les banques: « La BCE va réévaluer « au quatrième trimestre » la nécessité de prolonger ou pas ces recommandations. De manière générale, « le secteur bancaire européen peut résister » à la crise mais une détérioration de la situation entrainerait une « diminution significative du capital des banques » nécessitant des « mesures supplémentaires » de la part des Etats, explique la BCE dans un communiqué simultané distinct« , précise BFM.

30 juillet : L’association de consommateurs Familles Rurales a calculé que le prix des fruits et légumes a augmenté de manière sans précédent, jusqu’à 17% sur un an pour certains fruits. Ce serait en partie parce que les importations de produits étrangers moins chers ont diminué, en raison aussi des mesures sanitaires imposées aux agriculteurs, des mauvaises récoltes.

31 juillet : A la suite de la baisse de revenus liées à la gestion de la crise sanitaire, le nombre d’impayés de loyer augmente, et avec le risque d’expulsions. La trêve hivernale a été prolongée jusqu’au 10 juillet et les premières expulsions ont désormais lieu, mais la plupart des expulsions n’arriveront probablement qu’à la rentrée et après la prochaine trêve hivernale. Médiapart explique : « Certains bailleurs sociaux ont déjà mis en place des aides spécifiques. Comme Seine-Saint-Denis Habitat, qui observe une hausse de 13 à 18 % des impayés depuis le début du confinement. L’organisme a débloqué un fonds de 2 millions d’euros, pouvant aller jusqu’à 4 millions, pour aider les ménages qui subissent des baisses de revenus. Le Fonds de solidarité logement, évoqué plus haut, ne pourra, à lui seul, soutenir les locataires les plus en difficulté ».

+ Le PIB a chuté de 13,8% au deuxième trimestre. Un record absolu et de loin. L’Espagne fait pire avec -18,5% au 2e trimestre, mais l’Allemagne n’a perdu que 10, 1%, l’Italie 12,4, les Etats-Unis 9,5%…

Août

3 août : Les grandes entreprises mondiales sont impactées par le coronavirus. Les Echos rapportent que « Selon Euler Hermes, société d’assurance-crédit, le nombre de défaillances de grandes entreprises (chiffre d’affaires supérieur à 50 millions d’euros) a déjà presque doublé (+99 %) au deuxième trimestre par rapport au trimestre équivalent de l’année dernière« .

6 août : Les entreprises du CAC 40 (les 37 plus grandes entreprises cotées en France) cumulent d’importantes pertes nettes au premier semestre, 400 millions d’euros au total contre 44 milliards de bénéfices l’année dernière sur la même période. Mais certaines ont beaucoup plus perdu que d’autres: Total a perdu 7,6 milliards, Renault 7,3 milliards, pendant que LVMH, Kering et Hermès ont continué à faire des bénéfices.

7 août : Le Monde annonce que grandes banques françaises ont enregistré des pertes ou une forte chute de leur bénéfice au 2e trimestre. Mais BNP Paribas et Crédit Agricole s’en sortent mieux. Au niveau européen, les pays du Sud voient leurs banques en mauvaise situation: par exemple la Banco Santander a perdu 11,1 milliards d’euros, la Société Générale 1,3 milliard. Le bénéfice net de HSBC a chuté de 96%, celui de Barclays a chuté de 91%, celui de la Banque Populaire Caisse d’Epargne de 86%… Le quotidien observe : « Les perspectives économiques désastreuses nécessitent que les banques constituent des réserves. Nombre de leurs clients particuliers, professionnels et PME risquent en effet de ne plus être en mesure de rembourser leurs crédits. Les règles de comptabilité contraignent donc les institutions financières à passer de lourdes provisions« .

9 août : Un exemple illustre très bien la forme de hold-up qui se passe en ce moment avec les valeurs boursières, gonflées par les injections massives d’euros et de dollars. Comme l’expliquent Les Echos, la holding de Warren Buffet qui spécule dans les médias, l’assurance, le luxe etc. a racheté en masse ses propres actions pour faire monter le cours de bourse, et donc la valeur de l’entreprise: « La holding Berkshire Hathaway (…) a racheté environ 5,1 milliards de dollars de ses propres actions au 2e trimestre ». Cela a permis de compenser d’importantes pertes et d’afficher 26,3 milliards de profits nets, le double de l’année dernière à la même période.

+ Le secteur du tourisme français a déjà perdu « 30 à 40 milliards » cette année. « En temps normal, le tourisme génère 180 milliards d’euros de recettes, dont 60 milliards grâce au tourisme international. L’impact immédiat de l’épidémie est d’au moins 30 à 40 milliards d’euros », selon le secrétaire d’Etat dédié.

10 août : 1/3 des entreprises britanniques envisagent de licencier dès la rentrée, en même temps que les dispositifs de chômage partiel prendront fin. La Tribune explique par exemple que « Plus de 22.000 emplois dans la restauration ont été supprimés depuis le début de l’année, soit deux fois plus que pour l’ensemble de 2019« , près de 1500 restaurants ont fermé, 60% de plus que sur toute l’année 2019.

12 août : Aux Etats-Unis l’inflation augmente fortement, de 1% le mois dernier, après 0,6% en juin.

+ Le Royaume Uni est en récession, la pire depuis que les statistiques sont disponibles en 1955. Le PIB a reculé de plus de 20% au deuxième trimestre.

19 août : Mario Draghi, banquier de chez Goldman Sachs et ex président de la BCE, affirme que les jeunes générations devront rembourser la dette creusée par les mesures de gestion de crise. Il dit que cette dette doit être productive, ce qui n’est pour l’instant pas le cas.

21 août : Des cabinets d’avocats d’affaires mènent un lobbying auprès des multinationales pour qu’elles poursuivent les Etats devant un tribunal arbitral et réclament des milliards de compensations aux contribuables, pour les pertes liées au « confinement et à la gestion de la crise sanitaire. 600 ONG alertaient en juin: « Les mesures prises pour restreindre les activités des entreprises afin de limiter la propagation du virus, pour mobiliser les établissements hospitaliers privés, pour obliger des entreprises à produire tel ou tel bien médical d’urgence, pour permettre aux ménages de reporter ou annuler le paiements de loyers ou prêts immobiliers, pour empêcher les investisseurs étrangers de racheter des entreprises, pour garantir l’accès à l’eau potable ou aux médicaments, etc. pourraient être concernées » par ces plaintes. Elles pourront le faire à cause des traités de libre-échange qui mettent en place ces tribunaux spéciaux pour les grosses entreprises, où seules elles peuvent porter plainte.

26 août : Castex, à l’université d’été du Medef, a annoncé diverses mesures du « plan de relance » de 100 milliards qui répondent aux demandes du patronat, par exemple:

  • Ouverture de la réflexion pour aménager l’obligation de porter un masque dans les entreprises.
  • Politique de l’offre, qui consiste à faire ruisseler l’argent du bas vers le haut, avec un « soutien productif » c’est-à-dire des réductions fiscales pour les entreprises comme la baisse des impôts de production pour 10 milliards d’euros dès le 1er janvier 2021 (sans expliquer comment ce manque à gagner pour les collectivités sera compense).
  • Aucune mention d’environnement ou de mesures écologiques.
  • « Simplification » réglementaire (=allègement).
  • Prolongement des mesures prises pendant « l’état d’urgence » concernant le droit du travail ou d’environnement, et certaines seront même « amplifiées ».

27 août: macron va donner 483 millions d’euros d’aides « exceptionnelles » à la presse. Qui appartient en grande partie à des milliardaires patrons d’industrie ayant soutenu le candidat macron. Il dit qu’il faut « accompagner la transformation digitale« . Aucune contrainte pour les patrons. Par exemple, un fonds de 18 millions est créé pour les journalistes précaires, car les CDD et piges se généralisent, mais aucune obligation de respecter le droit de travail en limitant les CDD, par exemple. Il y aura aussi un crédit d’impôt de 60 millions d’euros pour les abonnés à la presse.

+ Record de chômage, avec 6,157 millions de personnes touchées toutes catégories confondues.

31 août : 20 milliards d’euros de baisse des impôts de production, toujours sans contrepartie, sont accordés aux entreprises dans le cadre du plan de « relance ».

Septembre

3 septembre : Le « plan de relance » du gouvernement, déjà largement annoncé depuis deux ou trois mois, a été récapitulé par Castex. 100 milliards dont 40 viennent de l’Europe. Donc rien de nouveau -les entreprises et les actionnaires de multinationales seront les grands gagnants, l’agenda de Bruxelles avancera hors concertation– à part le calendrier, avec 30 milliards qui doivent être dépensés en 2021 et 80% des investissements réalisés dans les 2 ans. Dans les grandes lignes:

  • 7,1 milliards d’euros pour le « numérique » (en réalité 12 ou 13.000 start-ups qui auront 3,7 milliards directement en plus des 5,2 milliards déjà débloqués en mars et juin pour les mêmes start-ups). L’objectif est de les faire gonfler et d’ « attirer les investisseurs étrangers« , donc cet argent est une pure perte sur le plan d’une éventuelle innovation, et donc de l’investissement. Il y aura aussi 1,5 milliards d’euros pour la « transition numérique de l’Etat« , conditionnée à une baisse des effectifs de la fonction publique.
  • 20 milliards (en 2 ans) de baisse des impôts de production, déjà largement réduits, mais 42% du montant serait destiné aux ETI, et 32% aux TPE/PME. Selon BFM, les industriels « ont même été surpris par ces montants« .
  • 7,6 milliards pour continuer le chômage partiel et former les gens pendant ce temps, afin d’éviter des licenciements.
  • 1 milliard pour de la transition vers les « secteurs porteurs », via notamment de la formation.
  • 6,7 milliards pour des contrats temporaires pour les jeunes. 750.000 arrivent sur le « marché » du travail.
  • 432 millions d’euros pour la culture.
  • 800 millions pour les personnes précaires.
  • 2,95 milliards d’euros pour la recherche (renforcement des moyens de l’Agence nationale de la recherche, 400 millions) et financement de l’écosystème et valorisation de la recherche (PIA) (2,55 milliards).
  • 2 milliards pour la rénovation énergétique des bâtiments qui sont des passoires thermiques.

« Le plan français devra d’abord recevoir l’approbation de la Commission Européenne, ainsi que celle d’une majorité qualifiée des États membres et cela implique la réalisation de réformes structurelles – les retraites – pour pouvoir recevoir l’argent européen en 2021« , rappelle Le Monde Moderne. Et tout devra être « remboursé »…

+ Selon Bruno Le Maire, « tous les français » doivent être incités « à investir dans l’économie« .

7 septembre : La bourse de Wall Street rechute après l’euphorie de la période post-confinement. Les rendements redeviennent très limités, d’autant que l’économie mondiale est en berne en raison des mesures « sanitaires ». certains craignent « un soudain effondrement après une période haussière insoutenable sur les actions« .

+ Selon Le Maire, les entreprises sont bien en train de licencier massivement mais il espère qu’on retrouvera le niveau d’avant la crise d’ici deux ans.

+ Le déficit de l’assurance maladie explose, et sera de 8 à 9 milliards pour 2020, alors que 4 milliards de dépenses de soins ont été économisées en raison du « confinement ».

+ Le taux d’emploi des jeunes de moins de 25 ans est au plus bas, à 26,4%. 750.000 jeunes dont 190.000 diplômés d’une licence ou d’un master entrent cet automne sur le marché du travail.

8 septembre: 158.000 emplois ont été détruits au 2e semestre en France malgré les mesures de chômage partiel. Le quotidien Les Echos précise : « Hors intérim, l’emploi salarié a baissé de 1,3 % d’avril à juin, soit à un rythme plus rapide qu’au cours du trimestre précédent (-0,7 %). La tendance a été particulièrement marquée dans les services marchands (-1,9 %).Les secteurs les plus touchés par la crise sanitaire sont logiquement les plus concernés. L’emploi salarié, hors intérim, a ainsi chuté de 7,6 % dans l’hébergement et la restauration (82.800 emplois détruits), retombant à son plus bas niveau depuis début 2015. Le secteur des services aux ménages a connu un recul de 2,9 %, tandis que l’emploi dans les transports s’est contracté de 1,3 %.L’emploi industriel a, quant à lui, diminué de 0,9 %, avec 28.400 postes détruits« .

+ En Espagne, où le secteur du tourisme et de l’hôtellerie -restauration est très touché par les mesures de gestion de la crise sanitaire, les professionnels réclament des compensations et menacent l’Etat de poursuites en justice pouvant coûter jusqu’à 40 milliards aux caisses publiques.

18 septembre : Les professionnels du voyage aérien demandent à la commission européenne une clarification des mesures « sanitaires ». Selon Les Echos, « Vingt associations représentant plus de 5.000 entreprises du transport aérien, du tourisme et du voyage d’affaires en Europe, demandent à la Commission européenne d’agir contre les mesures étatiques unilatérales, comme les quarantaines qui empêchent la reprise des déplacements« .

30 septembre : Le Secours Populaire alerte sur l’augmentation très forte de la grande précarité depuis le « confinement ». Selon Le Monde, « Pendant les deux mois du confinement, 1 270 000 personnes ont sollicité l’aide du Secours populaire dans ses permanences d’accueil – contre 3,3 millions sur toute l’année 2019. L’organisation s’attend à un chiffre « largement supérieur » pour l’année 2020. Parmi ces demandeurs, 45 % étaient jusque-là inconnus de l’association, indique ce baromètre réalisé avec Ipsos« .

+ Le gouvernement veut inciter les épargnants à « investir » dans les entreprises françaises. Qui sont en très mauvaise passe en raison de la gestion de la crise « sanitaire ».

Octobre

1er octobre : Bastamag souligne que le « plan de relance » a totalement oublié les services publics et les personnes les plus précaires. L’argent donné sans contreparties aux entreprises ne permettra pas de créer assez d’emplois : « Alors que le nombre de chômeurs inscrits à Pôle emploi a atteint des records en avril dernier et que 800 000 chômeurs supplémentaires sont attendus pour cette année 2020, le gouvernement ne table que sur 160 000 emplois nouveaux créés directement par ce plan de relance« . Les patrons sont en effets les grands gagnants au détriment des salariés, de l’assurance maladie et de l’assurance chômage: « Non contentes de pouvoir disposer du chômage partiel qui leur permet de transférer à l’État et l’Unedic l’essentiel de la charge de la rémunération de leurs salariés, les entreprises ont également obtenu la mise en place d’un nouveau dispositif d’activité partielle de longue durée (APLD) doté de 7 milliards d’euros. Il leur permet de réduire le temps de travail de leurs employés jusqu’à 40 %, sur une période de 6 à 24 mois, tout en profitant de l’argent public pour couvrir 85 à 100 % des salaires« .

+ Les Echos s’interrogent sur l’avenir des assurances-vie en euros. Qui soutiennent la dette, notamment en France où la dette publique est détenue à moitié par les détenteurs d’assurances-vie. Le journal rapporte la baisse du montant total des assurances-vie en euros depuis le début de l’année: « sur les huit premiers mois de l’année la collecte nouvelle d’assurance-vie, alimentée aux deux tiers par des versements sur ces supports garantis, a fondu de 24,8 milliards d’euros (72,7 contre 97,5 milliards d’euros sur la même période en 2019). Quant à la collecte nette (de retraits), elle a viré sur la même période au rouge (-6,5 milliards d’euros contre +18 milliards d’euros en 2019)« .

+ Le gouvernement refuse d’augmenter le RSA mais évoque un « chèque relance »…

7 octobre : La Cour des comptes, désormais dirigée par Moscovici (nommé par Macron), demande de réduire les dépenses de santé et de sécurité sociale, arguant que « la dette, qui pèse sur les générations futures, ne peut devenir le mode permanent de financement de la Sécurité sociale« . Pourtant Macron n’a jamais compensé les baisses de cotisations qu’il a décidées lui-même.

+ Le déficit commercial s’élève à 7,7 milliards d’euros en août, un record. Cela fait 700 millions de plus qu’en juillet. « Les importations remontent à 91% (+1 point par rapport à juillet) mais les exportations stagnent à 83% (niveau de juillet) de leur niveau moyen de 2019 », selon les Douanes.

+ Un sondage IPSOS montre qu’un français sur trois a subi une perte de revenus liée à la gestion de la crise du coronavirus. 16% estiment cette baisse importante. De plus, selon France Info, « 20% des Français estimaient que la situation financière de leur foyer s’était dégradée durant le confinement. Et ce chiffre atteint 30% dans les ménages les plus pauvres« .

8 octobre : On apprend que la commission européenne -et Macron- veut démanteler EDF pour livrer au secteur privé les activités rentables, en laissant le nucléaire fortement déficitaire à la charge des contribuables. « L’avenir du secteur électrique, et donc de la transition énergétique, se négocie dans l’ombre à Bruxelles avec un seul crédo : sauvegarder un simulacre de concurrence, en ignorant les enjeux techniques, économiques, écologiques et industriels de ce secteur et malgré le bilan indéfendable de cette politique », déplore ainsi Anne Debregeas, la porte-parole du syndicat Sud Énergie« , relate Reporterre.

12 octobre : Selon le Conseil d’analyse économique, les deux tiers de l’épargne accumulée depuis le « confinement » sont détenus par les 20% des français les plus riches. En revanche les 20 % les plus pauvres se sont globalement endettés. En gros, plus on dépensait, plus on a épargné.

13 octobre : Selon les chiffres de l’INSEE, 52.000 emplois ont été détruits en Occitanie au premier semestre 2020. C’est autant que le nombre d’emplois créés durant les deux années précédentes.

14 octobre : L’économie française n’est pas près de repartir : « Je suis pessimiste, nous rentrons dans une décennie à hauts risques pour les finances publiques. Si la France arrive à stabiliser la dette un peu au-dessus de 120 % du PIB dans les dix ans à venir, ce ne sera déjà pas si mal », estime un spécialiste interrogé par Les Echos qui voit « les finances publiques dans le rouge pendant encore dix ans« .

15 octobre : 130.000 emplois ont été détruits dans l’hôtellerie restauration, soit un quart des emplois du secteur (info BFM).

19 octobre: Si les faillites et redressements judiciaires sont beaucoup moins nombreux que les années précédentes (environ 30% de moins), ce n’est pas le cas des licenciements collectifs qui ont explosé.  » Du 1er mars au 27 septembre 2020, le nombre de suppressions de postes envisagées lors de PSE est de 65 001. Soit plus de trois fois plus que sur la même période en 2019 » (PSE = plan de sauvegarde de l’emploi = licenciements collectifs).

20 octobre : Les retards de paiement des entreprises françaises ont augmenté. Selon BFM, « Les délais de paiement se sont allongés avec la crise sanitaire à cause d’une très forte hausse de ceux des PME. Le retard moyen de paiement est passé de 10 à 13 jours entre 2019 et 2020, mais celui des PME a bondi de 10,9 à 18,6 jours, selon l’enquête annuelle réalisée auprès de 500 entreprises de plus de 50 salariés du 1er au 18 septembre par l’institut Ifop pour ARC« . Beaucoup de PME auraient totalement bloqué le paiement de leurs factures depuis mars, sous divers prétextes.

21 octobre : Selon Les Echos, 10.000 entreprises ont saisi le médiateur suite à des refus de crédit de la part de leur banque, contre 1.000 pour toute l’année 2019. En 2009 en pleine crise économique il y a eu 16.000 dossiers. Ces médiations de 2020 n’ont eu de succès que dans 51,74% des cas.

23 octobre : Le magazine Time présente sa nouvelle couverture internationale, axée sur le grand reset. Le grand reset est la mise à zéro de la monnaie et de l’économie, qui est sur la table depuis la crise financière et économique commencée en 2006. Le lancement officiel du grand reset a eu lieu le 3 juin 2020, le processus démarrera au forum mondial de Davos en janvier 2021.

25 octobre : Selon Les Echos, le nombre d’allocataires du RSA devrait augmenter de 9% en 2020. Jusqu’à présent les dépenses publiques pour pallier l’augmentation de la pauvreté sont très limitées, autour de 1,1 milliard d’euros, dont des emplois bidons. Aucune revalorisation du RSA n’est prévue, bien que « le RSA n’atteint plus aujourd’hui que 39 % du SMIC, contre 50 % en 1988, au moment de la création du RMI (l’ancêtre du RSA) ». »

28 octobre : En Belgique, l’Union des Commerçants craint que la moitié des commerces ne puissent pas rouvrir. Un sondage réalisé auprès des indépendants montre que la moitié ont atteint leur limite financière.

29 octobre : Castex promet 20 milliards supplémentaires pour que les entreprises passent le cap du « reconfinement » : « Tous les secteurs faisant l’objet d’une fermeture administrative, bénéficieront ainsi d’aides pouvant aller jusqu’à 10.000 euros par mois via le fonds de solidarité. Nous mettrons en place pour eux l’activité partielle avec zéro à charge pour l’employeur« . Le chômage partiel est prolongé et les exonérations de charges pour les PME renforcées.

30 octobre : Message Twitter de Bruno Le Maire, au lendemain du « reconfinement » de la population et de la fermeture de tous les commerces « non-alimentaires » sauf la FNAC : « J’appelle tous nos compatriotes à avoir un comportement de consommation patriotique. Soutenez vos artisans et vos commerçants français. L’État soutiendra toutes les initiatives, comme la vente à emporter, permettant aux commerçants de continuer à avoir une activité« .

+ L’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (Umih) estime que plus de 30.000 établissements risquent de déposer le bilan. « Dans cette hypothèse (…) 220.000 emplois seraient ainsi détruits« . Environ 15% de défaillances à l’échelle nationale sont attendues, et 30% en Ile-de-France, très touchée par les mesures « sanitaires ». « Le secteur compte 229.000 entreprises dont 168.000 restaurants, 38.800 débit de boissons (bars, cafés), 18.600 hôtels et 6.000 établissements de nuit (dont 1.200 discothèques) pour un chiffre d’affaires annuel de 84 milliards d’euros. Au total, cela représente 960.000 salariés en France, sans même compter les emplois induits tels que notamment les torréfacteurs, les brasseurs, les agents de sécurité, les femmes de ménage, indique l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih)« , selon LCI.

31 octobre : Selon le ministre du budget, la gestion de crise du coronavirus a déjà coûté 248 milliards d’euros, soit 11,3% du PIB. Pour le ministre des comptes publics Olivier Dussopt c‘est 186 milliards.

Novembre

1er novembre : La ministre du Travail a annoncé que 22.000 dossiers de demande de chômage partiel avaient été déposés dans la journée de jeudi, jour du reconfinement, par des entreprises. Pendant le premier confinement jusqu’à 9 millions de salariés avaient été placés en chômage partiel, et 1,1 million en septembre.

2 novembre : Une vingtaine de fédérations professionnelles de commerçants ont diffusé un communiqué demandant la rouverture dès le 13 novembre et de « véritables mesures de soutien ». Beaucoup alertent sur la situation catastrophique dans laquelle la gestion de crise « sanitaire » les a mis.

4 novembre : Le gouvernement a réduit de 11% l’aide alimentaire pour les plus démunis, alors que la pauvreté a encore augmenté avec la gestion de crise « sanitaire ». Le crédit passera donc de 72 millions d’euros en 2020 à 64 millions en 2021, alors qu’il y aura davantage de bénéficiaires. Les députés Lrem ont voté en faveur de cette baisse. Pendant le confinement, le Secours populaire a assuré en urgence l’alimentation de 1,3 million de personnes. Et selon le secours populaire, 45% des personnes aidées en 2020 étaient inconnues jusqu’à présent.

6 novembre : Si la réforme de l’assurance chômage passait, les syndicats estiment que 1,2 million de personnes seraient impactées, et que 400.000 perdraient en moyenne 40% de leur allocation.

+ Cédric O, secrétaire d’Etat au numérique, dit que « La psychose française sur Amazon n’a aucun sens » et que la fermeture des commerces n’a pas pour objectif de renforcer la multinationale. Il estime aussi que c’est plutôt aux commerçants de se mettre à la vente en ligne : « Il y a 30% seulement de petits commerces numérisés contre 72% en Allemagne« .

7 novembre : Un cabinet de conseil estime que le secteur de la restauration perdra 52% de son chiffre d’affaires en 2020, et qu’une entreprise sur deux risque de fermer.

9 novembre : Pfizer et Biontech annoncent que leur vaccin est fiable à 90%, et dans l’heure les bourses mondiales dont le CAC 40 ont grimpé comme jamais.

+ La banque de France annonce une baisse du PIB de 9 à 10% pour 2020. Avec le « reconfinement » l’activité a chuté de 12% en novembre, contre 31% pendant le premier « confinement ».

+ Le déficit de la sécurité sociale va finalement s’élever à 49 milliards. En raison principalement des baisses de cotisations des entreprises, non remboursées par l’Etat.

11 novembre: Le jour même de l’annonce largement reprise dans les médias sur la « fiabilité à 90% » en phase 3 du vaccin développé par Pfizer et Biontech, le PDG et la vice-présidente de Pfizer ont vendu des lots d’actions. Albert Bourla a vendu pour 5,6 millions de dollars (132.508 titres à 41,94 $) et Sally Susman pour 1,8 million de dollars. L’action était alors au plus haut. Craint-il qu’elle ne s’effondre rapidement?

+ A Paris, la ville cherche de nouvelles rentrées d’argent. La gestion de la crise du coronavirus aurait coûté 800 millions à la ville, dont 540 millions de pertes de recettes liées à l’activité et 260 millions d’augmentation des dépenses. Par exemple, « Le nombre d’allocataires du RSA a augmenté de 13% par rapport à janvier« .

12 novembre : Selon le Secours populaire, la France va passer la barre des 10 millions de pauvres en 2020. Le pays ne s’est jamais relevé de la crise de 2006 et on comptait déjà en 2018 9,3 millions de personnes vivant avec moins de 1.063 €/ mois. De plus, le revenu moyen des gens inscrits en 2019 était de 5 € inférieur à celui de 2018 (soit l’équivalent de la baisse mensuelle des APL).

16 novembre : Le gouvernement propose de réduire de 3,4 à 2,4 milliards d’euros les économies à réaliser sur les dépenses de chômage. Aujourd’hui 9% de la population active est au chômage plus ou moins complet, sans compter les salariés payés en chômage partiel. Quelques modifications à la marge de la « réforme » sont aussi évoquées.

17 novembre : Aujourd’hui, plus de 97 % des entreprises qui demandent un prêt garanti par l’Etat l’ont obtenu, selon Les Echos, ce qui représente 125 milliards d’euros de prêts, garantis à 90% par l’Etat en cas de défaillance. Du coup, très peu d’entreprises sont en cessation d’activité, même celles qui ne seraient pas viables en temps normal. Quand va intervenir le tri entre les entreprises viables et non viables, s’interroge le quotidien.

18 novembre : Les impayés de loyer sont en forte augmentation suite à la baise de revenus de nombreux ménages. Parmi les personnes en situation d’impayés, de nouveaux profils ont émergé: travailleurs indépendants, commerçants, salariés de l’hôtellerie ou de la restauration. Cependant, un fort retard a été pris dans les procédures et les personnes qu’il faut aider ne sont donc pas identifiées dans les temps. Et on ne dispose toujours pas de chiffres fiables.

+ L’Union Européenne déclare que la dette de la France et de l’Italie va exploser en raison de la gestion de crise. Les déficits publics seront astronomiques et dureront dans le temps. Cependant la Commission européenne a appelé les Etats à « à faire en sorte que leur politique fiscale continue de soutenir l’activité en 2021 ». Parmi les dépenses dans le viseur des technocrates de Bruxelles: les augmentations de salaire pour le personnel hospitalier et la baisse des impôts de production des entreprises.

+ La Zambie déclare qu’elle remboursera aucun de ses créanciers, par souci d’équité. La Banque centrale a déclaré qu’elle pourrait payer un peu, mais que pour « traiter tout le monde » de la même manière, aucun ne touchera quoi que ce soit. La dette extérieure du pays est de 12 milliards de dollars soit 80 du PIB (relativement moins que la France), et une échéance à court terme de 750 millions de dollars risque de mettre le pays à plat.

23 novembre : La dette des ménages, des entreprises et de l’Etat en France a fortement augmenté depuis mars, et davantage que dans la plupart des autres pays européens. « Le risque s’étend au-delà des entreprises elles-mêmes. Des bilans détériorés pourraient déclencher un cycle de défaillances et de faillites qui toucheraient le secteur bancaire et aggraveraient la récession » alerte Bloomberg. C’est en France que la dette des entreprises a le plus augmenté, alors qu’elle déjà élevée avant la crise. La dette des entreprises de la zone euro a augmenté de + de 400 milliards d’euros (475 milliards de dollars) au premier semestre 2020, contre 289 milliards d’euros sur l’ensemble de 2019, selon les données de l’Union européenne.

+ La valeur en bourse de LVMH dépasse les 250 milliards d’euros, une hausse de plus de 20% depuis début novembre et un record pour pour le CAC 40.

24 novembre : 680.000 emplois auraient été détruits en France en raison de la gestion de crise. Au niveau national, les départements ont perdu 3,4 % des emplois. A Paris 4,1 % des emplois ont été détruits.

+ De nombreux plans sociaux sont en cours, rappellent Les Echos. Appelés « Plans de sauvegarde de l’emploi », ils visent à réduire les effectifs et à faire des économies. Cela, alors que les plans d’aide de l’Etat sont toujours en cours. « Cette déferlante s’accompagne par ailleurs de 4.500 procédures de licenciements collectifs pour motif économique hors PSE. Dans 90 % des cas, il s’agit de licenciements de moins de 10 salariés, qui passent inaperçus« .

25 novembre : IBM France va lancer un plan de restructuration, avec la suppression de 1.180 à 1.385 postes en France, soit 1/4 des emplois. France Info rapporte que « Ce plan social d’ampleur inégalée, annoncé début novembre en comité européen sans chiffres précis pour la France, est un « PSE [plan de sauvegarde de l’emploi] mixte, qui doit être présenté officiellement aux organisations syndicales le 16 décembre, avec un plan de départs volontaires mais aussi sans doute des licenciements s’il n’y a pas assez de volontaires », a expliqué mercredi 25 novembre Pierry Poquet, délégué syndical central Unsa. Plus de 20% des effectifs en Europe, soit 7 700 personnes » sont concernées par cette restructuration mondiale d’IBM« .

26 novembre : Castex annonce une aide exceptionnelle de 900 € jusqu’en février pour les travailleurs précaires, saisonniers, extras et intermittents, qui ne voient pas la reprise d’activité arriver. 400.000 personnes dont 70.000 jeunes sont concernés.

28 novembre : L’indemnisation des commerces fermés s’élèvera finalement jusqu’à 200.000€ par mois, en fonction du chiffre d’affaires de 2019. « Jusqu’à présent, les entreprises fermées administrativement ou très affectées par la crise pouvaient prétendre à une aide comprise entre 15 et 20% du chiffre d’affaires réalisé en décembre 2019 et dans la limite de 100.000 euros par mois« , rappelle BFM.

30 novembre : Dans une tribune parue dans Le Monde, l’économiste Maxime Combes et le journaliste Olivier Petitjean disent que les milliards dépensés dans le cadre de la gestion de crise « se pérennise le détournement sans condition des ressources de l’Etat au profit des intérêts privés« . Ils rappellent la phrase ded Le Maire le 1er octobre devant des chefs d’entreprise: « Vous avez besoin d’argent, je vous en donne ». Il espère que la « croissance » et des « réformes structurelles » permettront de rembourser. Les auteurs dénoncent l’absence de transparence et de contrôle démocratique sur l’usage des fonds publics.

Décembre

3 décembre: Le gouvernement annonce qu’il va prendre en charge 15 jours de congés payés dans les secteurs « en difficulté » où il y a du chômage partiel.

6 décembre : La France est n°1 pour l’endettement lié à la gestion de crise covid. La dette est à 114% du PIB soit 2.638 milliards d’euros. De plus, « pour la première fois de son Histoire, la France est devenue le premier contributeur de la dette publique de l’ensemble de la zone euro. La part de la dette publique française dans cette dernière est désormais de 24,1 %, contre 23,1 % » pour l’Italie, passée n°2.

9 décembre : 10.000 restaurants aux USA ont fermé dans les trois derniers mois et 110.000 sur 2020 soit 17% du total des établissements. 37% des restaurateurs pensent que sans aides supplémentaires ils ne pourront pas rouvrir du tout.

10 décembre : La BCE continue son programme de soutien aux marchés financiers avec son programme de rachats de dette privée et publique (PEPP) lancé en mars, prolongé pour 9 mois de plus, c’est-à-dire jusqu’en mars 2022. Avec une augmentation de 500 milliards, soit au total 1.850 milliards d’euros. De plus, « L’autre programme plus ancien, dénommé « QE » (« Quantitative Easing », « Assouplissement quantitatif »), a lui été maintenu à son rythme actuel de 20 milliards d’euros par mois (…) les gardiens de l’euro ont par ailleurs prolongé jusqu’en décembre 2021 les vagues en cours de prêts géants et bon marchés accordés aux banques, qui devaient auparavant prendre fin en juin 2021. Les conditions favorables accordées aux établissements pour les prêts en cours sont, elles, prolongées d’un an jusqu’en juin 2022« . Le taux directeur reste à 0, même -0,5% pour les banques qui prêteront le plus « dans l’économie ».

14 décembre: L’Autorité Bancaire Européenne prévient que les impayés vont exploser et impacter les profits et le bilan des banques européennes. Selon elle, « le total des créances douteuses en Europe (dites de « niveau 3 ») atteignait à fin juin 500 milliards d’euros, un chiffre en repli de 10 % sur un an. Mais les nuages arrivent, car les créances dites de « niveau 2 », qui sont encore remboursées normalement mais risquent de ne plus l’être, ont progressé de 23 % sur un an, pour s’établir à 1.200 milliards d’euros. ». L’autorité en question admet qu’actuellement « l’économie est sous perfusion« . Il reste encore 528 milliards de créances douteuses dont une grande partie date de la crise de 2007 -2008 (officiellement), et 127 milliards rien qu’en France. La commission européenne veut permettre aux banques de revendre à bon prix leurs crédits pourris, comme en 2008, donc créer une bad bank: «  »Nous voulons que les banques puissent vendre plus facilement et avec plus de succès les créances douteuses. Pas seulement les grandes banques, comme après la dernière crise, et peut-être pas avec une décote aussi élevée que lors de la dernière crise. Cela nécessite un meilleur fonctionnement de ce marché secondaire pour les prêts non performants« . En fait la décote était faible en 2008 comparé à la valeur réelle des « junk bonds ».

22 décembre : Au Parlement européen, pas moins de 16 textes destinés à la finance sont passés en l’espace d’une semaine. Tous visent à assouplir les règles, à préparer la future bad bank destinée à recevoir les actifs pourris des banques (estimés à 1.400 milliards d’euros potentiellement). « L’idée c’est donc de « packager » ces prêts douteux dans des instruments financiers, pour ensuite les revendre à d’autres. Il est intéressant d’ailleurs de voir comme le communiqué de presse est intitulé “Riposte face au coronavirus: lutter contre les prêts non performants (PNP) pour permettre aux banques de soutenir les ménages et les entreprises de l’UE” alors que les effets sur le virus de ce package réglementaire reste à démontrer, tout comme celui sur les ménages et les entreprises, pour mieux cacher l’évidence : il est surtout là pour soulager les banques » explique l’économiste Michael Vincent.

23 décembre : Plus de 2 millions de Français sont au RSA, une augmentation de 8,5% en un an. Beaucoup d’emplois précaires et peu qualifiés ont été détruits par la gestion de crise. Ces gens doivent vivre avec 585€ par mois pour une personne seule.

27 décembre : Un décret prolonge les indemnisations des chômeurs en fin de droits depuis le 30 octobre. Les versements sont prolongés jusqu’au 31 janvier.

28 décembre : Le chômage des catégories A a augmenté de 0,9% en novembre à cause de la gestion de crise et du « confinement ». Soit 3,828 millions de personnes sans aucune activité.

+ Les patrons de discothèques alertent sur le manque de soutien des banques, alors que ces établissements sont fermés depuis des mois. « Les gérants vivent un véritable enfer : sur les 1.600 établissements comptabilisés avant la crise du Covid, une centaine a déjà mis la clé sous la porte. Et 300 autres sont actuellement en redressement judiciaire« , explique Europe 1. D’après le syndicat national des discothèques, 45% des patrons ont eu un refus à leur demande de prêt garanti par l’Etat. Selon le gouvernement, il n’y a aucune perspective de rouverture à l’heure actuelle.


Janvier 2021

3 janvier 2021: Le groupe Lagardère obtient un prêt garanti par l’Etat de 465 millions d’euros. L’Etat est garant pour 80%.

13 janvier : 30 % des bars et restaurants sont menacés de faillite, selon un syndicat. Et beaucoup ne résistent que grâce aux prêts garantis par l’Etat.

14 janvier : Le Maire a annoncé de nouvelles mesures de soutien aux entreprises principalement les plus grosses puisque cela ne concerne que celles dont le chiffre d’affaires dépasse 1 million d’euros par mois. Le coût de la mesure sera de 4 milliards d’euros par mois.

+ Selon l’OCDE la croissance mondiale devrait baisser de 4,2% en 2020, et de 7,5% en zone euro (la France est encore en-dessous).

15 janvier : Selon la fédération bancaire française, 5 à 10% des 638.000 entreprises risquent de ne pas rembourser leur prêt garanti par l’Etat . Les premières entreprises devront commencer à rembourser en avril, mai ou juin. Le montant total de ces prêts est de 130 milliards d’euros, garantis jusqu’à 90% par l’Etat, le reste par les banques.

18 janvier : Plus de 65% des patrons de bars, restaurants et hôtels craignaient que le deuxième « confinement » condamne leurs établissements, selon une enquête menée en novembre par un syndicat. Beaucoup sont endettés jusqu’au cou et n’ont aucune perspective.

19 janvier : Le patron de la banque belge Belfius (ex Dexia qui a coulé faute de sa spéculation lors de la crise des subprimes) explique que « Les économies ont de temps à autre besoin d’une vague d’assainissements« . Il ajoute : « Bien sûr qu’il y aura des faillites ! Mais n’avions-nous pas trop de cafés et de restaurants en Belgique ? Etaient-ils tous rentables ? Etaient-ils tous viables, sans avoir recours au noir ? Les économies ont de temps à autre besoin d’une vague d’assainissements. Est-ce grave? Pour leur propriétaire et leur personnel, certainement, mais pas pour l’économie. D’autres naîtront sur leurs cendres. De nouvelles activités se créeront« .

+ Le FMI déclare être inquiet du niveau d’endettement de la France et demande qu’un plan d’assainissement budgétaire soit élaboré dès maintenant pour agir aussitôt que la crise économique se calmera. Cela, le jour où la France s’endettait à nouveau de 75 milliards sur les marchés, au taux de 0,5%.

+ La moitié des jeunes avec un bac plus 5 obtenu en 2020 n’a toujours pas trouvé de travail 6 mois après avoir obtenu un diplôme, contre 74% en 2018. Mais cela serait du à l’absence de débouchés à l’étranger.

25 janvier : 255 millions d’emplois ont été détruits dans le monde en raison de la gestion de crise « sanitaire » selon l’Organisation Internationale du Travail. Les femmes et les jeunes ont été davantage touchés. Le PIB mondial a baissé de 4,4% soit 3.700 milliards de dollars de « richesse » produite en moins qu’en 2019.

+ Selon l’ONG Oxfam, les 1.000 plus grosses fortunes de la planète, si elles ont été touchées par la crise en mars-avril, se sont refait une santé depuis. Tandis que les plus pauvres mettront 10 ans à revenir à leur niveau de vie d’avant la crise. France Info explique : « Le top 10 des plus fortunés a même vu sa fortune grimper de quelque 540 milliards de dollars au cours de la période, souligne Oxfam, qui s’appuie sur le palmarès publié chaque année par le magazine américain Forbes. À l’échelle mondiale, les milliardaires ont vu leur fortune augmenter de 3 900 milliards de dollars entre le 18 mars et le 31 décembre 2020. Leurs fortunes cumulées s’élèvent désormais à 11 950 milliards de dollars« . Les milliardaires français (ils sont 39) sont en 3e position mondiale pour l’augmentation de leur fortune en 2020.

26 janvier : Larry Finck le patron de BlackRock, en appelle aux mêmes grands principes que le Grand Reset de Klaus Schwab: répondre au « changement climatique », s’adapter à la « pandémie » et ses bouleversements, protéger les pauvres etc.

Février

1er février : Selon la Fondation Abbé Pierre, les impayés de loyer augmentent de manière continue et touchent de nouveaux profils de la population. 20 Minutes explique : « A la fin du mois d’octobre, les bailleurs publics enregistraient déjà une augmentation de 65 millions d’euros d’impayés de loyers par rapport au mois de février 2020, selon les chiffres de l’Union sociale pour l’habitat. Les Adil (Agence départementale d’information sur le logement) ont aussi enregistré une hausse de 47 % des consultations pour impayés par les locataires du parc privé en décembre 2020 par rapport à 2019. Autre indicateur : « L’Espace Solidarité habitat de la Fondation Abbé-Pierre à Paris a reçu dès l’automne 2020 des ménages précipités dans des procédures d’expulsion en raison d’impayés accumulés dès le premier confinement », informe Christophe Robert. Et les projections ne sont pas optimistes, car selon un sondage Ipsos* pour la Fondation Abbé-Pierre paru ce lundi, 22 % des Français craignent de ne pas pouvoir payer leur loyer en 2021″.

+ Prolongation des indemnisations des chômeurs en fin de droits jusqu’à fin février.

2 février : La trêve hivernale est repoussée au 1er juin.


[1] Comme l’explique Le Temps, ces critères sont doubles : « que le coronavirus provoque au moins 2500 morts dans un pays et 20 dans un deuxième, ou fasse au moins 250 victimes dans au moins un pays émergent et que le taux de contamination atteigne un certain niveau (l’obligation contient deux classes). Le tout dans les douze semaines qui ont suivi la publication du premier rapport de situation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur l’épidémie de Covid-19. Or ce rapport est sorti il y a précisément douze semaines. A ce stade, la Chine a fait état de plus de 2700 victimes et de nombreux autres pays affichent plus de 20 morts provoqués par le Covid-19″.

[2] Pendant la durée de vie de l’obligation, « les investisseurs reçoivent un intérêt de 7 ou 12%, selon la classe à laquelle ils ont souscrit. Des taux très élevés dans l’environnement actuel. Si aucune pandémie conforme aux critères ne se produit d’ici à l’échéance de l’obligation, le 15 juillet prochain, les investisseurs récupéreront leur mise de départ ».

[3] Il a encore piloté la privatisation de la Française des jeux en novembre 2019 et préparait celle des Aéroports de Paris. Quand il était dir cab de Villepin en 2006, il supervisé les privatisations de Gaz de France absorbée par Suez (ce qui a créé Engie) au grand profit d’Albert Frère et Paul Desmarais, des amis de sarkoléon, et celle des autoroutes, désastre économique.

[4] « Le groupe pétrolier, qui verse son dividende en quatre fois et qui a déjà effectué deux acomptes, a maintenu le paiement du troisième, d’un montant de 0,68 euro par action (en hausse de 6 % par rapport à celui de 2018). Pour le plus grand bonheur de ses 450 000 actionnaires, principalement des fonds de pension situés hors de France« .

[5] « Jamais les places financières mondiales n’avaient aussi mal commencé l’année. Le premier trimestre s’achève sur des baisses de plus de 20 % à Wall Street, de 23 % en Europe (STOXX 600) et de 26,5 % à Paris. Et ce 1er avril n’incite pas à l’optimisme. Après le rebond de ces deux dernières semaines, c’est à nouveau le rouge qui domine sur les écrans des professionnels des marchés. Le CAC 40 a terminé en baisse de 4,3 % à 4.207,24 points, le Footsie britannique a cédé 3,83 %, le Dax allemand a perdu 3,94 % et l’EuroStoxx 50 a abandonné 3,83 % « .

[6] « Dans le même temps, Sanofi a également décidé de mobiliser 100 millions d’euros répartis « entre les hôpitaux publics, les Ehpad et certaines entreprises du digital (…) qui vont travailler sur le Covid« ,a précisé le dirigeant. 50 millions financeront des médicaments et des études cliniques en France, et « Une partie des 50 millions d’euros restants sera consacrée au soutien aux hôpitaux et aux Ehpad, par le biais de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France », selon l’Usine Nouvelle. Des start-ups et industriels bénéficieront aussi de l’argent de Sanofi, pour « le développement rapide de tests de dépistage du Covid-19 et de technologies digitales efficaces dans la gestion de situations pandémiques« .

[7] Brunei, Nauru, Niue, le Panama, les îles Marshall, le Guatemala et le Botswana, Anguilla, les îles Vierges, les Bahamas et les Seychelles, les Iles Samoa et Samoa américaines (liste du 6 janvier 2020).

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